‹ Pages choisiesChapitre 48 sur 113 · L'HIRONDELLE O · texte numérisé non relu

L'HIRONDELLE O

L'mnoNDKLLE esL une chouelte émancipée et une chauve-souris entrée dans la gloire, mais elle n'oublie jamais ce qui la rattache à la nuit... Vous trouverez qu'elle a encore d'autres affinités avec un monde entièrement différent; par sa façon de se mouvoir, elle combine presque exactement le coup droit de la truite avec le sursaut du dauphin, dont sa tête en boulet de canon et son bec reproduisent presque exactement le front arrondi et le museau en avant. Lorsque l'hirondelle plonge, si vous guettez sa façon de se baigner, vous la verrez, tremper sa poitrine dans l'eau juste autant que le marsouin montre son dos dans l'air. Vous ne pouvez donner une juste description de cet oiseau que par les ressem blances et les images de ce dont il semble un dérivé, en y ajoutant le contraste fantastique et magnifique d'une variation inimaginable. C'est une chouette qui a été dressée par les Grâces. C'est une chauve-souris qui aime la lumière du matin. C'est le reflet d'un dauphin dans l'air. C'est le tendre apprivoisement

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d'une truite. Pour montrer ce qu'est l'art du vol sur les eaux agitées, Fhirondelle est le maître des maîtres. La mouette, avec tout son pouvoir splendide, a généralement sa besogne toute taillée et cependant fait visiblement effort; mais l'hirondelle joue avec le vent et le flot comme une jeune fille avec son éventail et il n'y a pas de mots pour dire tout ce qu'elle fait avec ses ailes dans l'espace de dix secondes et cela dans la perfection. Le mystère de son coup droit dans l'air reste toujours inexplicable pour moi. Aucun œil ne peut démêler comment se tend l'arc qui lance cette flèche vivante. . . Aujourd'hui, pour la première fois, je crois, j'ai pu vous mettre sous les yeux quelques moyens de vous guider àlacompréhension de la beauté de cet oiseau qui vit avec vous dans vos maisons et qui purifie pour vous, de la pestilence des insectes, l'air que vous respirez. Telle est l'œuvre de cette douce chose domestique envers les hommes, au moins depuis quatre mille ans. Elle a été leur compagne, non seulement du home^ mais du foyer et du seuil, compagne que seul son départ nous rend chère et qui témoigne mieux son affection par son fidèle retour. Type parfois de l'Étranger, elle a adouci nos cœurs jusqu'à l'hospi-

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talité; typo toujours du Suppliant, elle nous a adoucis juscju'à la miséricorde, et, dans sa faible présence, nous n'avons pas vu la colère ou la Mchclé du sacrilège, mais bien la sdcurité du sanctuaire. Messagère do notre été, elle voltige à travers nos jours de bonheur; numératrice de nos années, elle nous enseignerait à appliquer nos cœurs à la sagesse; et cependant si peu Tavons-nous regardée qu'aujourd'hui même, à peine capable de tirer de tout ce que j'ai trouvé écrit sur elle de quoi vous expliquer le déploiement de ses ailes, je ne peux rien vous dire de sa vie, rien de ses voyages; je ne peux apprendre comment elle bâtit, ni comment elle choisit le lieu de ses pérégrinations, ni comment elle trace le chemin de son retour. Demeurant ainsi aveugles et insoucieux envers les vrais offices de l'humble créature que Dieu nous a réellement envoyée pour nous servir, voici que, dans notre orgueil, nous nous imaginons être entourés d'émissaires du Ciel et cependant nous ne pouvons les revêtir de quelque majesté qu'en leur donnant le calme des mouvements de l'oiseau et l'ombre de son plumage.

Et après tout, tant mieux, si lorsque même pour les meilleures bénédictions de Dieu et

dans Ses temples bâtis de marbre, nous nous figurons qu' « avec les anges et les archanges et toute la compagnie du ciel, nous louons et magnifions son nom glorieux », — tant mieux si notre tentative n'est pas simplement une insulte et si Ses oreilles ne s'ouvrent pas plutôt à l'adoration inconsciente et inarticulée de « l'hirondelle gazouillant de son abri bâti de paille ».

{La Mesnie de r Amour.)

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