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A QUOI TIENT LE CHARME D'UN ORNEMENT

En étudiant quelles sont les sept grandes lois qui régissent l'architecture et qu'il appelle les Sept Lampes de l'Architecture, Ruskin découvre qu'une de ces lois est la loi — ou la Lampe — de Vérité. II "K^ ne faut pas chercher à simuler une matière, une pierre,

un marbre, par un autre. Il ne faut pas créer d'ornement postiche, qui ne joue pas réellement le s^ rôle que sa forme indique. Et il conclut ainsi :

LÀ dernière forme de mensonge que nous avons à conjurer est la substitution du moulage ou du travail de la machine au travail de la main, c'est-à-dire le mensonge du travail. Il y a deux raisons, également fortes, contre cette pratique : la première, c'est que tout moulage ou travail à la machine est mauvais en tant que travail ; la seconde, qu'il est malhonnête... Sa malhonnêteté, qui est, à mon sens, de la plus grossière sorte, est une raison suffisante pour en déterminer le rejet d'une façon absolue et sans réserve.

L'ornementa deux sources de charme entièrement distinctes : Tune, dérivée de la beauté

abstraite de ses formes, que pour le moment nous supposerons être égale, que ces formes soient façonnées à la main ou à la machine; l'autre, le sentiment de la peine et de l'attention humaines qui ont été dépensées sur lui. Combien est grande cette dernière influence, nous pouvons peut-être en juger, en considérant qu'il n'y a pas une touffe de mauvaises herbes poussant dans la fente d'une ruine qui n'ait une beauté à tous les points de vue presque égale et à quelques-uns immensément supérieure à celle de la sculpture la plus parfaite de cette ruine, et que tout l'intérêt que nous prenons à l'œuvre du sculpteur, tout notre sentiment de sa richesse, bien qu'elle soit dix fois moins riche que les nœuds d'herbe poussés à côté d'elle; de sa délicatesse, bien que mille fois moins délicate, de sa valeur intrinsèque, quoique un million de fois moins parfaite, résultent de la conscience où nous sommes que c'est là l'œuvre d'un pauvre être humain, laborieux et gourd. Son vrai charme tient à ce que nous découvrons en elle le témoignage des pensées, des intentions, des épreuves et des brisements de cœur, — et aussi des réconforts et des joies du succès; un œil exercé peut retrouver la trace de tout cela^ mais en admet-

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