LE OH ARME D'UN ORNEMENT
tant même que ce soit obscur, cela est présumé ou sous-enteudu... Je suppose, ici, qu'un ornement façonne à la main ne puisse généralement être distingué de celui fait parla machine, ni qu'un diamant ne puisse être distingué d'un strass ; oui, j'admets que ce dernier puisse faire illusion pour un moment à l'œil du maçon comme l'autre à l'œil du joaillier et qu'on ne puisse le découvrir que par l'examen le plus minutieux. Cependant, exactement de même qu'une femme de sens ne porterait pas de faux bijoux, de même un constructeur qui se respecte dédaigne les ornements en faux.
Leur usage est un mensonge aussi fieffé et aussi inexcusable. Vous employez ce qui prétend à une valeur qu'il n'a pas, ce qui feint d'avoir coûté et d'être ce qu'il n'a pas coûté et ce qu'il n'est pas ; c'est une imposture, un défaut de tact, une impertinence et un péché. Jetez-le par terre, réduisez-le en poudre, laissez plutôt vide sa place sur le mur ; vous n'avez pas mérité de l'avoir, vous n'avez rien à en faire : vous n'en avez pas besoin. Personne n'a besoin d'ornement en ce monde, mais tout le monde a besoin d'intégrité. Toutes les bellesinventions qui furent jamais imaginées ne valent
pas un mensonge. Laissez vos murs aussi nus qu'une planche rabotée ou bâtissez-les, s'il le faut, en torchis, mais ne les crépissez pas de mensonges 1
{Les Sept Lampes de V Architecture.)