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LE TOIT

dans les images en profusion que la littérature lui a empruntées, au premier rôle joué parle toit de la chaumière, à la subordination de la chaumière elle-même à sa couverture qui, neuf fois sur dix, ne laisse guère de place pour le reste. Ce n'est, en vérité, ni les murs blanchis îi la chaux, ni le jardinet fleuri, ni les rudes fragments de pierre servant de marches à la porte, ni tout autre élément de pittoresque de la construction qui vous intéressent autant que la pente grise de ses lourds auvents, profondément ouatés de mousse verte et d'orpin doré. Et il y a une raison profonde, mais claire, de ce sentiment. L'àme même de la chaumière, son essence et sa signification, est dans son toit. CVst à cela que tient principalement son abri. C'est, là, ce qui fait sa différence avec une fente de rocher ou un couvert dans les bois. C'est dans un couvercle épais, impénétrable, de chaume compact que se concentrent toute sa tendresse et toute son hospitalité. Considérez la différence à l'oreille de « sous mon toit » et « au dedans de mes murs » ; — considérez si vous seriez plus à l'abri sous un hangar avec un bon toit porté par quatre poteaux ou dans un enclos de quatre murs sans toit du tout; et vous verrez,

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de suite, rimportance du toit dans une chaumière tant pour Tesprit que pour l'œil, et d'où nous vient la majeure partie de notre plaisir à le regarder.

Maintenant, supposez- vous que ce qui est de toute importance dans une chaumière signifiera peu dans votre propre demeure ? Pensez-vous que par des splendeurs d'architecture quelconque, ou par l'élévation d'étages, vous puissiez dédommager l'esprit de la perte de l'apparence du toit? C'est en vain que vous direz que vous tenez le toit pour sous-entendu. Vous pouvez tout aussi bien dire que vous tenez la bienveillance d'un homme pour sous-entendue, quoiqu'il n'en témoigne rien par ses paroles ou par sa mine. Vous pouvez le savoir bienveillant au fond, mais vous ne l'aimeriez pas autant s'il vous refusait de bonnes paroles et un bon regard. Et quelle que soit la splendeur extérieure que vous donniez à vos maisons, vous trouverez toujours qu'il leur manque quelque chose, si Tonne voit pas clairement leurs toits. Et ceci surtout dans le Nord. Dans l'architecture méridionale, le toit a beaucoup moins d'importance, mais ici, en Ecosse, l'essentiel de la construction domestique est dans l'étendue de sa protection contre le poids de la neige et

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l'assaut (lu grésil. Vous einbclliroz, tant qu'il vous plaira, votre façade carrc^'e, vous la couvrirez (rornemonts, mais, sans toit visible, il y aura toujours quelque chose de déplaisant que vous ne saurez surmonter. Surtout il y aura la difficulté de compléti r le nuir à son faîte, maigre toutes sortes d'inventions étranges en fait de parapets ou de pinacles, qui ne réussiront jamais à lui donner une bonne apparence.

Or, je n'ai pas besoin d'ajouter que, comme il est à désirer pour l'impression sur l'esprit que le toit soit visible, ainsi la forme du toit la meilleure et la plus naturelle dans le Nord est celle qui le rendra le plus visible, c'est-àdire le haut pignon. Je dis la plus visible et la plus naturelle, parce que non seulement cette forme rejette le plus complètement la neige et la pluie et sèche le plus vite, mais encore obtient la plus grande mesure d'espace intérieur avec des murs d'une hauteur déterminée, ëcarte le plus efficacement la chaleur du soleil des chambres supérieures, et procure le plus d'espace pour la ventilation.

(Confé7'e?îces sur f Architecture et la Peinture.)

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