XVI INTRODUCTION
cabine^ le çoyageur anglais, curieux de sensations d'art, prend ce seul guide : Ruskin. A ce moment, naît le mouvement dit « esthétique », c^est'à-dire le désir de mettre de la beauté dans les plus petites choses et dans les objets les plus familiers de la vie. On peut, déjà, prévoir que le souffle puissant, venu d'Oxford, animera toute une cohorte d'artistes, les William Morris, les Walter Crâne, les Richmond, les Burne Jones, les Holiday, les Voysey et à côté d'eux^ aussi, des amateurs éclairés, comme Liberty, qui, depuis lors, ont délicieusement renouvelé le mobilier et la décoration du home, et fait du modeste cottage anglais un enchantement pour la pensée et pour les yeux.
Cependant, tandis que parle Ruskin à Oxford, et que de sa voix harmonieuse il célèbre ses délicates sensations de calme et de vie intérieure dans les monastères d'Italie, et la beauté des Vierges et des saints peints par les Primitifs, voici que se dénoue, de Vautre côté du détroit, le drame de 1870-71. Les applaudissements insulaires ne Vempêchent pas d'entendre le sourd grondement du canon continental. Les hauts murs de Corpus Ghristi Collège ne lui cachent pas la vue lointaine des cathédrales de France menacées. Le 19 jan-