LA DIGNITÉ © ■^ DU TRAVAIL
PASSONS à rinévitable dislinction entre ceux qui travîiillent de la main et ceux qui travaillent du cerveau. Il doit y avoir un travail fait par les bras, sans quoi aucun de nous ne pourrait vivre. Il doit y avoir un travail fait par le cerveau, sans quoi la vie que nous vivons ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Et les mêmes hommes ne peuvent pas faire Tun et l'autre . Il y a un travail rude à faire et ce sont des hommes rudes qui doivent le faire ; il y a un travail délicat à faire et ce sont des gentlemen qui doivent le faire et il est physiquement impossible qu'une de ces deux classes se charge ou prenne sa part du travail de Tautre. Et il n'est d'aucune utilité d'essayer de gazer ce fait pénible par de belles paroles et de discourir devant l'ouvrier sur l'honorabihté du labeur manuel et la dignité de l'humanité. Le dur travail, honorable ou non, nous arrache la vie, et l'homme qui est resté tout le jour à tirer l'argile d'un fossé ou toute la nuit à
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conduire un express contre le vent du Nord, ou à tenir le gouvernail d'un bateau de cabotage dans une bourrasque près de la côte sous le vent, ou à tourner un fer rougi à blanc dans Torifice d'un fourneau, n'est pas, à la fin du jour ou de la nuit, le même homme que celui qui est demeuré assis dans une chambre tranquille, avec toute sorte de confort autour de lui, lisant des livres, ou classant des papillons, ou peignant des tableaux. S'il y a quelque réconfort pour vous à vous dire que le travail dur est le plus honorable des deux, je serais désolé de vous enlever cette grande consolation et, en un certain sens, je n'en ai pas besoin : le travail dur est, en tout cas, réel, honnête et généralement, quoique pas toujours, utile; tandis que le travail intellectuel est, du moins en grande partie, fou et faux, autant qu'intellectuel etpar conséquent peu honorable, mais lorsque les choses sont faites également bien et dignement, le travail de la tête est le travail noble et celui de la main n'est pas noble.
{Le Travail.)
QU'EST-CE QUE l^ LA RICHESSE ? ^
li CHETKU le ilKMlieur marché possible ot Xx- vendre le plus cher, représente un principe acceplable d' économie politique. Acheter le meilleur marché possible?... Oui, mais qu'est-ce qui a produit ce bon marché ? Du charbon peut être trouvé à bas prix parmi les charpentes de votre toit après un incendie et des briques à bon marché dans vos rues après un tremblement de terre. Mais l'incendie et le tremblement de terre sont-ils des profits nationaux?
Vendre le plus cher possible?... Oui, mais qu'est-ce qui a produit la cherté ? Vous avez bien vendu votre pain aujourd'hui... Était-ce à un homme mourant qui a donné pour lui son dernier sou et qui n'en mangera plus désormais, ou à un homme riche qui, demain, achètera votre ferme par-dessus votre tête, ou à un soldat qui allait piller la banque où vous avez placé votre fortune ?
Vous ne pouvez rien savoir de ces choses...
La science réelle de l'Économie politique est
celle qui enseigne aux nations à désirer et à rechercher les choses qui conduisent à la vie et à mépriser et à détruire les choses qui conduisent à la destruction.
Et si, dans un état d'enfance, les hommes supposent que des choses indifférentes, telles que des excroissances de coquilles ou des morceaux de pierre bleue ou rouge ont de la valeur et s'ils dépensent, pour les découvrir, des sommes considérables d'un travail qui devrait être employé à l'extension et à l'ennoblissement de la vie; ou si, dans le même état infantile^ ils s'imaginent que des choses précieuses et bienfaisantes, telles que l'air, la lumière et la propreté sont sans valeur; ou si, finalement, ils imaginent que les conditions de leur propre existence par lesquelles seules ils peuvent réellement posséder ou employer chaque chose, telles par exemple que la paix, la confiance et l'amour, sont bonnes à échanger quand l'occasion s'en présente pour de l'or, du fer ou des excroissances de coquilles, la grande et unique science de l'Économie politique leur enseigne, en toutes ces circonstances, ce qui est « vanité » et ce qui est « substance ».