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XV

IJUGO D. BARBAGELATA.

voulons une littérature qui soit une force positive pour la formation d'une conscience américaine ; qui, ayant ce sentiment pour mobile^ embrasse la complexité des intérêts intellectuels et moraux de notre culture », répondait-il dernièrement encore à un journaliste argent Í7i qui Vinterrogeait. « En ce qui me concerne^ ajoutait-il, je poursuis cet idéal d'américanisme depuis mes premiers travaux. » C'est cet idéal qui inspira son Ariel, qui le guida dans ses essais sur Bolivar et sur Montalvo, essais qu'il pensa étendre encore sur d'autres personnages de signijîcation aussi importante du point de vue américain.

Le cataclysme européen est venu surprendre, au milieu de sa carrière, en pleine vigueur intellectuelle, cet optimiste militant, persuadé qn' « au-dessus des traces du désastre fleurira une vie nouvelle, avec un idéal littéraire nouveau, des formes artistiques nouvelles ». Il était persuadé aussi que, si cela arrive, l'heure ne serait pas loin où la conscience hispano-américaine, remuée par la secousse universelle, affirmera définitivement sa personnalité et montrera son aptitude à s'incorporer au groupe des peuples créateurs de civilisation et de culture.

Qiioique, comme l'esclave de Térence qu'il cite dans Ariel, rien de ce qui est humain ne pouvait lui être indifférent, il ne croyait pas arriver à intéresser l'Europe par ses écrits. « Tout au plus pourrai-je avoir une certaine influence en Espagne », me disait-il un soir que j étais allé le visiter,' pour prendre che:^ lui la préface d'un de mes livres qui devait paraître à Paris. Et ce jour-là, il ne me demanda qu'une chose en échange des pages bienveillantes qu'il écrivait pour moi ; il me pria d'effacer le mot Don qui aurait dû précéder son nom sur la couverture dudit ouvrage. Ce Don-/ii lui donnait un air trop grave, trop doctoral, qu'il n'aimait point. Il ne l'aimait pas, parce qu'il

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