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P HE F ACE

aima peu parler de lui-r.iêine. Dans son Mirador cependant y il laisse percer des réflexions o il sa personne n'est pas étrangère, soit qifil décrive, en des phrases artisteinent ciselées, la gesta de la forma ; soit qu'il critique l\vuvr'e dramatique de Roberto Payró ; soit qu'il s'arrête à marquer des dissonances dans l'harmonie. Son étude sur Bolivar, solide et superbe, tant au point de vue historique qne littéraire est — comme le lecteur le verra tantôt — digne du héros qui en est Vobjet. On peut en dire autant de son essai sur Montalvo. Celui-ci est^ après Rubén Darío, dans lequel il suivit le procédé de Gautier, son travail de critique littéraire sans contredit le plus éniinent. Un peu comme Sainte- Beuve, un peu comme Taine, il étudie de manière incomparable l'homme, l'œuvre et le milieu, partant du principe que Montalvo « est la représentation typique de l'écrivain dans toute l'intégrité des facultés et dés disciplines qu'un tel titre suppose ». A son propos il fait une analyse exacte et délicate de V époque, comme il décrivit au sujet du penseur argentin Juan Maria Gutierre^, l'ère des luttes pour la liberté qui, à Rio de la Plata, suivit la déclaration de l'Indépendance .

Rodó était de taille haute et svelte, avec des yeux j rancs et perçants comme son esprit. De manières très simples, il était toujours disposé à doirier des conseils à ceux qui les demandaient. Marcheur infatigable, il faisait de longues promenades dans sa ville natale, oii il exerçait son apostolat sans orgueil et sans fanfaronnade.

A l'égal du grand orateur romain., s il n'oublia jamais le petit Uruguay sa patrie, il répéta à satiété que l'Amérique était la grande patrie qui contient toutes les autres. « Nous

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