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VI

PRJ£FACE.

rciiaissmice de Vâmc collective de V intellectti alité espagnole. Et panni d'autres sains cmiscils, qni étonnent si on tient compte de son âge, il disait a.u jeune romancier uruguayen qui présentait des allures de dém.o tisseur : « // ne faut pas considérer tonte révélation nmivelle comme une barrière infranchissahle., cowinie une limite définitive aux regards; m.ais bien au contraire comme un ciel nébuleux au travers duquel se découvrent des lointains incertains. L innovateur littéraire ne doit pas dire : Voilà la vérité mais voilà l'opportunité. // ne se flattera pus d'avoir trouvé la formule de V avenir, car V avenir est le secret d'un plan que nous ignorons. Et lorsque son école verra tomber les fenilles jaunes du doute, il devra se résigner ¿i s' entendre dire par celle qui apparaît à Ihoriz^on auréolé d'une lumière nouvelle., ce que Hamlet disait à Horatio : « Il est au ciel et sur la terre bien des choses encore que tu n'as jamais soupçonnées ». Les phrases que je viens de traduire sont comme le credo du critique qui naissait et qui allait répandre ses doctrines de sage inspiration du golfe du Mexique jusqu'aux côtes de la Terre de Feu.

Ce critique devait se montrer bientôt dans un autre petit livre qui agrandit la sphère de la réputation de son ' -auteur, tout en contribuant à la renommée d'un poète de génie qui compte avec raison parmi les grands rénovateurs de la langue castillane. Rubén Darío : Su personalidad literaria — Su última obra en est le titre. Les évocations des vers qu'il analyse sont pour Rodó autant d'occasions de discuter des problèmes variés, d'émettre stir son contemporain des jugements définitifs sur sa vie et une partie de ses livres.

Il préfère., entre toutes, les œuvres fortes de la pensée. Rt-n'iv.. T'"'"'-, G'-'-"'^" sont ses maîtres d'élection .4//>-^</' '''■

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HUGO D. BARBAGELATA.

pouvait-il aimer qu'à demi, tout en les adiniraiit cependant, les Prosas Profanas de Rubén Dario, imbu à ce moment de modernisme ou plutôt d'un parnassisme sui generis qui faisait s'écrier à son critique : « Jamais Vâpre cri de la passion dévorante ou intense ne s'ouvre un chemin à travers les nerfs de cet artiste ». Cest pourquoi^ sans doute, avant de commencer l'étude de Prosas Profanas oii il essaye d'en paraphraser les vers les plus remarquables, tient-il à déclarer : « Parmi les rares aptitudes de mon esprit, je crois avoir une qualité, cardinale littérairement : celle de V éclectisme. Je suis un séide docile, qui accompagne les poètes en leurs pérégrinations, n importe où nous appelle l'irresponsable caprice de leur goût. Mon tempérament de Simbad littéraire est un grand curieux de sensations. Je recherche exprès toute occasion de faire des exercices de souplesse. Il me plaît d'équiper, par exemple, la nef horatienne qui conduit Virgile à Athènes avant d'embarquer dans Vesquif de Saint-Pol Roux, ou dans le yacht singulier de Mallarmé ». Et Rubéri Dario, qui s'en est allé depuis au pays de Immortels, n'eut point à regretter la promenade mémorable que fit Rodó à travers les jardins de sa profane poésie.

Celle que nous venons de parcourir est la première étape, bien remplie sans doute, de la courte vie littéraire de notre maître.

Depuis lors, il se sentit attiré par des desseins plus hauts; depuis lors il voulut parler à ses concitoyens d'Amérique^ aux fils de la Magna patria qu'il a si bien peint da7is tcne page inoubliable, de toutes choses humaines qui doivent nous intéresser, puisqu'il désirait que, « à côté

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