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IV

PREFACE

tistne sans raison et, n'arrivant pas à pénétrer le naturalisme, s'exténuait à chercher sa voie. C'est cette heure de doute qu'il choisit pour se révéler, pour venir dire à cette génération inquiète., comme Horace à Leuconoc, de ne pas se préoccuper de la mort, mais, au contraire de rechercher tous les moyens d'intensifier la vie. Et son influence a été si grande et si opportune qu'on croirait écrit pour lui V éloge de Maeterlinck à propos d' Emerson : « Il est venu pour plusieurs au moment oil il fallait venir et à l'instant oii ils avaient mortellement besoin d'explications nouvelles ».

Ses idées philosophiques partent du positivisme, qui selon lui « est la pierre angulaire de notre formation intellectuelle ». // déclara lui-même dans son étude sur Prosas Profanas du poète Ruben Dario : « Moi aussi je suis moderniste, f appartiens de toute mon âme à la grande réaction qui imprime un caractère et un sens à l'évolution de la pensée pendant les heures dernières de ce siècle ; à la réaction qui, partie du naturalisme littéraire et du positivisme philosophique, les achemine tous deux, sans les amoindrir jamais en ce qu'ils ont de fécond, vers des conceptions plus élevées ».

Dernièrement, il se sentait attiré par le « puissant souffle de reconstruction métaphysique de Renouvier, Bergson et Boutroux ». Cela nous mène à parler des œuvres de José Enrique Rodó, Le lecteur pourra se faire une idée de chacune par les morceaux choisis que je publie grâce à une heureuse initiative du Comité France-Amérique, toujours bien inspiré, et grâce aussi à l'obligeance de M. Francis de Miomandre, qui a traduit, sur ma demande, d'une façon ¿i la fois très exacte et très pure, les meilleures pages d'un savant qui était aussi un grand artiste et un grand admirateur de la France éternelle.

HUGO D. üAnnAGELArA.

Ses œuvres^ dont certaines, comnie Ariel, ont cu. jusqu'à neuf éditions, et même des éditions officielles en des pays pourtant lointains de V Uruguay, sont : La Vida Nueva (1897) ; Rubén Darío (1899) ; Ariel (igoo) ; Liberalismo y Jacobinismo (1906) ; Motivos de Proteo (1909 ; El Mirador de Próspero (1913)-

Le premier de ees livres a été publié quand- V auteur avait vingt-quatre^ ans à peine\ puisque Rodó naquit à Montevideo le 75 juillet iS^z.^Et cependant, il montre dcjci, en d'étonnants éclairs, une érudition qui ne devait qu'augtnenter avec le temps et une tendance bien marquée à donner à la langue castillane une souplesse et une sonorité ci quoi seul tendait alors dans ses poésies son compatriote américain Ruben Dario. Ce petit livre sur /¿z Vida Nueva {la Vie Nouvelle) est la réunion en un ouvrage de deux articles parus dans la Revue Nationale de Littérature et de Sciences Sociales qu'il fonda en i8p^, avec les frères Martine^ Vigil et Victor Pére\ Petit; et dont la répercussion fut grande, non seulement en UrugJiiciy, mais sur tout le continent américain. Le lecteur se rendra compte du mérite de¥l que vendrá (Celui qui viendra) par la traduction qu" il pourra lire tout à l'heure au complet.

Dans le second article composant le volume qui nous occupe, sous prétexte de juger les Académies de son confrère Carlos Reyles, qui accusait les romanciers d'Espagne de sacrifier ¿i « l exterior isme » leur tradition classique. Rodó prouve, avec arguments convaincants à l'appui, que les Valera et les Pére^ Galdôs, les Palacio Valdéb l Leopoldo Alas protestaient par leurs livres contre cette accusation, à i heure même oii il pressentait une

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