I.i: VOY A' TAU
nécessaires à cette visite : lumière claire et mer sereine. Mallieureasement, au cours du voyage, des nuages importuns sont venus ternir la clarté jusqu'alors diaphane de la matinée. La barque arrivée à la grotte, le soleil se voile complètem.ent, ce qui ôte à l'étran^^-e palais uñe grande partie de sa beauté fantastique, qui iñent du reflet de la lumière rayonnante du jour quand, filtrajit à travers l'épaisseur bleue des eaux et ira-prégnée de sa couleur, elle la répand, comme un cla.ir de lune, dans la pénombre de cette fraîche voûte. On perçoit bien un peu de cet effet magique, mais très faible et très trouble. Au reste, la mer commence à s irriter et, comme L'ouverture très étroite de la grotte ne livre un passage facile que lorsque Teau est parfaitement tranquille, il me faut attendre le moment de sortir, étendu au fond de la barque, dans l'attitude d'un cadavre dans sa bière. La « Grotte dWzur » a été pour moi une déception. Mais voici déjà quelque temps que j'ai appris à me résigner aux désillusions des grottes d'azur, et la beauté ouverte et franche de la réalité environnante m'offre, au retour de cette 'aveature manquee, la revanche de l'illu-sion éviinouie.
Castellamare, mars iqi;.
Paru diins C/iras y caretas, le 26 mai, Brucnos-Ayres.