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XX INTRODUCTION

coup des théories. Le moyen de préférer la nature à l'artifice sans faire hausser les épaules au dieu Baudelaire ? Le moyen d'aimer sa patrie sans encourir le blâme de saint Tolstoï ? Le mojTn de respecter les choses respectables sans s'attirer la pilié ironique des philosophes du boulevard? Contre ces puissances, la pauvre morale ridiculisée ne pouvait mettre en ligne que la troupe ennuyeuse des pédagogues patentés. Jules Lemaître ne s'avisa pas du toutd'assumerlerôle ingrat de défenseur de la vertu ; seulement, il osa regarder les idoles sans trembler, ce qui fit qu'il ne put pas toujours les regarder sans rire. Il a ôtétoutson prestige à la perversité, en montrant qu'elle se double nécessairement de sottise. Et son œuvre tout entière nous rend l'assurance que l'on peut se piquer d'être honnête homme sans faire figure d imbécile. Conviction précieuse.

On trouve d'autres enseignements, moins généraux, dans cette œuvre qui va de la poésie la plus badine à des considérations toutes pratiques. Jules Lemaître a probablement douté quelquefois, comme il est d'usage, de l'existence du monde extérieur, mais quand il s'occupait de la sociétécontemporaine, de ses maladies et des remèdes qu'on y peut apporter, il ne considérait plus ces réalités comme des projections de la pensée. On l'a vu professer, sur la plupart des questions auxquelles notre temps se flattait d'apporter une réponse, des opinions très simples et qui ne prétendaient qu'à être utiles. Ce

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