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XXIV INTRODUCTION

chez autrui, et que le désordre des esprits ou des mœurs ne s'étendait point jusqu'à corrompre le principe de tout art et d'une société policée. Dans toutes les classes de phénomènes, on se trouvait en présence d'un fait, la révolution ; on voulait s'accommoder de la révolution. Qu'elle s'appelât romantisme ici, ou là démocratie, elle nous offrait les éléments d'un ordre nouveau... Mais si Ion comprenait soudain que ce n'était là que ferments de destruction ? A moins d'être insensé, quelqu'un pouvait-il continuer à construire la maison, tandis qu'un acide rongerait les pierres du mur de soutènement ?

Quand il fut évident que le sens de la tradition, si forl chez Lemaître, n'était plus assez puissant chez ses contemporains pour tempérer les effets de l'éclectisme ; que tous les actes de nos politiciens menaçaient l'existence de la nation ; que, pour voir un peu clair, il fallait élaguer des arbres, et déblayer le terrain avant de songer à rebâtir, — Jules Lemaître n'hésita pas. Et comme il sentait que le mal, en quelque point qu'il portât ses ravages, demeurait le même et changeait seulement de nom, son nationalisme s'exerça en littérature aussi bien qu'en politique. On le vit dénoncer le poison de Rousseau et glorifier Racine, dans le même temps qu'il stigmatisait les vices du régime. En un mot, déchirant les voiles sous lesquels se dissimulait l'anarchie, il rendait possible et préparait le mouvement de renaissance française qui se réclame de « l'empirisme organisateur ».

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