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XXXII INTRODUCTION

cessivement dans ses études critiques, entre un tempérament très net et une culture très étendue ; et dans ses comédies, entre la sympathie qui lui livre le secret des passions, et ce détachement intellectuel qui lui permet d'en dégager la signification esthétique. Ses contes offrent un mélange infiniment rare de poésie et d'ironie discrète. Là encore, Lemaître est tout entier, avec son érudition, son amour du passé, son intuition de ce qu'il y a dans l'âme humaine d'éternel aussi bien que de fugitif, son esprit, sa tendresse. On dirait parfois que les siècles les plus éloignés se sont rapprochés, et que le vieil Homère a collaboré avec un disciple de Renan, pour donner à ces pages une saveur unique. Dois-je parler du style ? Qu'on lise Myrrha, ce chef-d'œuvre ; ©n saura ce que c'est que la perfection de la forme, et comment une phrase française peut égaler la divine simplicité d'une statue antique. Les mots, qui ont une suavité incomparable, évoquent des figures et des paysages, et pourtant ils semblent immatériels. Au moment où les barbares ne cherchaient dans le langage humain qu'une palette de couleurs ou une gamme de sons, chez Lemaître le style lui-même devenait sentiment.

Ce style de Lemaître, on le définirait très bien à l'aide des mêmes épithètes qui ont servi pour définir son talent. Et je dirais, si je voulais ne pasm'occuper seulement de Técrivain, que les mêmes épithètes suffiraient encore à peindre l'homme qu'est Jules

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