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INTRODUCTION XXXIII

Lemaître. Il me semble qu'une seule visite qu'on lui fait, un rapide coup d œil jeté sur les choses qui Tentourent, indiquent déjà sa haine du désordre et de l'instabilité, et renforcent l'impression que l'on reçoit de son œuvre. Il est tout à fait l'homme de ses livres. Un jour, après avoir noté qu'il est préférable, pour un écrivain, de ne point être né parmiles grands de la terre, il ajoutait : « Prince ne puis, bourgeois ne daigne, curieux suis. » Curieux, oui, mais bourgeois aussi, et c'est très heureux. Car tant de bourgeois prétendent à vivre en « artistes », ce mot étant pour eux l'équivalent d'aventurier, que l'on a bien du plaisir à rencontrer un véritable artiste épris de toutes les vertus qui furent en honneur chez les bourgeois de l'ancien temps.

Il est aussi difficile de donner une idée détaillée d'une œuvre comme celle de Lemaître, que de décrire toutes les teintes d'un ciel mouvant de nos climats. Rien ne peut suppléer à la lecture pour connaître cette pensée complexe, nuancée, glissante, et qui embrasse à la fois tous les aspects des choses. En essayant de l'enserrer dans une formule, j'ai dû souvent la simplifier à l'excès, la mutiler peut-être.

Et pourtant, ces beaux paysages que sont les livres de Lemaître ont, malgré leur diversité, je ne sais quoi par où ils se ressemblent entre eux et diffèrent

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