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PASCAL

Tu voyais sous tes pas un gouffre se creuser Qu'élargissaient sans fin le doute et l'ironie ; Et, penché sur cette ombre, en ta longue insomnie, Tu sentais un frisson mortel te traverser.

A l'abîme vorace, alors, sans balancer,

Tu jetas ton grand cœur brisé, ta chair punie,

Ta rebelle raison, ta gloire et ton génie,

Et la douceur de vivre et l'orgueil de penser.

A3^ant de tes débris comblé le précipice, Ivre de ton sublime et sanglant sacrifice, Tu plantas une croix sur ce vaste tombeau.

Mais sous l'entassement des ruines vivantes, L'abîme se rouvrit et, prise d'épouvantes, Lacroix du Rédempteur tremblait comme un roseau,

{Les Médaillons.)

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