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A LES MÉDECINS

reviennent épouvantés de l'insuffisance orgueilleuse des docteurs à brevet. Beaucoup leur préfèrent les officiers de santé. Ils disent que ces guérisseurs de second rang, moins gâtés par les lumières et les joies de Paris, moins téméraires, plus modestes, connaissant ce qui leur manque du côté du diplôme, font plus d'efforts pour s'instruire, et réussissent fréquemment à racheter l'infériorité du grade par la supériorité du savoir. Quoi qu'il en soit, on comprend qu'une telle situation, fort peu rassurante pour le public, n'ait pas tardé à devenir très désavantageuse pour le corps médical lui-même. En effet, il se plaint. Tandis que la tête accueille les honneurs et les profits de la popularité, le cœur souffre, le reste vit dans le dédain et souvent dans la gêne. Sentant le mal sans en connaître la cause ou sans vouloir l'avouer, les petits médecins dénoncent avec une colère jalouse l'ignorance des officiers de santé et le nombre croissant des empiriques, à la concurrence desquels ils attribuent le peu de confiance qu'inspirent leurs titres universitaires ; mais ils négligent les témoignages que ne laissent pas de rendre contre eux leurs malades quoique beaucoup de

ceux-là ne parlent plus.

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