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Mgr Maupoint

LKTTRES A MA SfEUR 35y

Le pauvre potitévAqno a e\i une sueur froide. L'impératrice a cela do bon, elle aime les missionnaires et les protège activement.

De Cotte, rpii m'a donné ce détail, dont l'évoque ne m'avait rien dit, a eu une conversation avec son maître, au sujet de l'Univers. Il prétend l'avoir confondu, parce que ledit maître croyait que l'Univers s'était prononcé avec exagcralion dans l'affaire de Moulins. — On vous a fait faire une iniquité, lui a-t-il dit, et une iniquité dangereuse. \j' Univers a été très modéré en cette occasion, et n'a dit que bien doucement ce que pensent et ce que sont obligés de dire tous les catholiques. On vous fait frapper sur vos meilleurs amis. Si l'Univers est déchiré par un certain nombre de catholiques, ce n'est pas pour la manière dont il défend la religion ; c'est parce qu'il vous défend vousmême. — A quoi l'autre collé a répondu : C'est vrai.

Et moi j'ai ajouté : Quand vous le reverrez, dites-lui que je le trouve difficile à défendre.

Billault m'a fait demander grâce. Il a chargé Collet- Meygret' de savoir de moi si j'avais personnellement, quelque chose contre lui, personnellement, ne se rappelant pas m'avoir jamais donné aucun sujet de le persécuter. Hein ! Quelles pauvres gens ! J'ai répondu que, si j'avais des ressentiments personnels, je ne me servirais pas du journal pour les satisfaire; qu'il pouvait en juger, en ce moment même, par l'attitude du journal envers Montalembert, le seul adversaire personnel que je me connaisse et que je soutiens aux élections, malgré son inimitié contre moi, et malgré mon affection pour le gouvernement. Je ne reproche à

i. Secrétaire général du ministère de l'intérieur.

36o LETTRES A MA SCELR

M. Billault que ce qu'il y a dans moD article, d'être un homme d'opposition, d'en avoir conservé les maximes et les accointances, et de faire par là le plus grand tort à l'empereur.

J'ai pris de là occasion de parler vigoureusement sur le Siècle. J'ai dit que c'était une honte et un danger, de voir ce misérable journal insulter tous les jours l'Église ; qu'il fallait que cela eût un terme ; que, si la chose se prolongeait encore, les sentiments impérialistes d'aucun catholique n'y résisteraient ; que, cessant de protéger la religion, le gouvernement ne nous serait plus rien, que nous rougirions de le soutenir, et que nous attendrions le jugement de Dieu sur lui.

Collet-Meygret m'a promis de rapporter fidèlement mon discours au ministre. J'ai dans l'idée qu'il ne me mettra pas en faveur ; mais j'ai dans l'idée aussi que le Siècle n'y gagnera rien. Et, pour ne rien cacher, je ne désespère pas d'arriver à lui faire donner une leçon dont il se souviendra.

J'ai su, par le même Collet, le complément des histoires de Gondon. Cet intrigant avait été le voir, en mon nom, pour s'assurer d'avoir l'autorisation, s'il achetait le journal, et pour tacher de se faire procurer de l'argent par lui.

Adieu, sœur. Je t'écris trop, mais tu me pardonneras. Fais mes compliments à tout le monde, sans excepter mes filles. Dis à M. de Montsaulnin que j'attends révoque de Quimper, et que j'en profiterai pour reprendre l'affaire du calice auquel je ne tiens pas moins que ne paraît y tenir le curé'. Dis à M. de Maistre

I. 11 s'agit d'un calice ancien, sur lequel étaient gravées les armes de Montsaulnin, et que ceux-ci, pour cette raison, désiraient vivement avoir en leur possession.

que je lui souhaite un schlem ' (contre toi bien entendu), quand même son cœur devrait en soufîrir. Dis à Cliarles que je lui serre la main. Louis m'avait promis de venir un jour nous demander à déjeuner, mais il nous oublie. Dis à notre comtesse que je l'aime de tout mon cœur, elle le croira.

Je viens de corriger la page 721 et dernière des Mélanges. Vives n'est pas satisfait. Il trouve que c'est trop beau, et que ses volumes vont se trouver trop bon marché .

Je te rembrasse, et je finis par raison.

Louis.

Rouen, 10 août 1868.

En attendant le dîner, qui sera terrible (depuis une heure j'entends mettre le couvert).

Plume de fer en main !

Alors, vu le danger des insolations, nous n'avons pas fait le voyage de Bon-Port. Il y a sur la route une plantation de statue : autre péril.

Tous les savants et gens de lettres de Normandie sont là. Cette statue est en l'honneur d'un nommé Langlois, antiquaire. On ne sait pas ce qu'il a fait, mais il est né à Pont-de-l'Arche, et c'est pourquoi Pont-de-l'Arche le béatifie. L'abbé Cochet assiste à la cérémonie. 11 donne la mesure au statuaire, étant antiquaire non moins que Langlois. et non moins normand.

Quand la statue de Langlois a été livrée aux regards du public, Charles, placé près de l'abbé, lui a dit : Ris Cochet! et M. V... est devenu pale d'envie.

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