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HENRI BRISSON, FILS DE VOLTAIRE

Est-il assez content, cet homme de la suite, et u Brisson » lui paraît-il assez beau lorsqu'il dit : Vous devriez vous souvenir, mossieu! Il faut savoir que Ed. Thierry est un écrivain distingué, très incomparablement supérieur au citoyen adjoint qui le trépigne et à l'homme de journal qui s'en réjouit. Malheureusement M. Thierry a négligé de rétorquer comme il convenait le citoyen adjoint, s'essayant au rôle de Mirabeau sur sa discrète personne. « Vous devriez vous souvenir, mossieu, qu'il sied aux adjoints d'être polis et vous ne l'êtes point. Vous devriez savoir, mossieu, que je ne relève nullement de la municipalité, et encore moins de l'individu municipal posé de trois quarts. Il appartient à l'adjoint de me dénoncer s'il trouve que les journalistes affamés de ma place n'y mettent pas assez de zèle, mais le sieur Brisson n'a aucun ordre à me donner. En conséquence, trouvez bon, mossieu, que je vous prie de vuider immédiatement les lieux. »

C'était bien simple à dire ; mais quoi I M. Thierry se fait peut-être l'illusion d'espérer qu'il ne sera pas destitué. Innocent ! dans un moment où le gouvernement ({ de la défense nationale » doit songer à pourvoir tant d'amis sans littérature, mais si dévots à Voltaire !

Car c'est une dévotion. L'on a vu que le voile est considéré comme profanation, que l'administration s'est émue, que c'est dans un transport de piété que le citoyen adjoint s'est transporté au Théâtre-Français et a pris la pose de trois quarts pour reprocher à M. Thierry son audace.

Ainsi Voltaire est passé dieu. Dieu, car saint, cela le ferait rire, et nous aussi, et « Brisson » aussi. Nul moyen de dire saint Voltaire. 11 est dieu, et le citoyen adjoint est son prêtre.

Prends le bras pieux de l'adjoint et monte au pinacle

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