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tre la confession une page fort célébrée en ces derniers temps par les pamphlets universitaires. Quelles peintures ne pourrait-on pas faire de la confession exercée par les médecins, par ces hommes à qui les mœurs permettent tant de choses et qui ont tant de moyens de faire impunément ce que les lois ne permettent pas !
Au dernier siècle, les médecins furent les premiers à seconder les doctrines matérialistes, et ne contribuèrent pas médiocrement à les propager. Ils comprirent instinctivement que ces doctrines, déjà si commodes pour eux, si propres à les dégager de tout scrupule et qui simplifiaient si singulièrement la science en remplaçant l'observation par des formules et des systèmes, auraient encore le résultat d'accroître largement leur clientèle. Incrédules, que pouvaient-ils désirer de mieux pour leur orgueil et pour leurs intérêts qu'une société folle d'impiété? L'impiété cherche le plaisir, le plaisir fait des malades, et les malades que le plaisir a faits craignent la mort. Certains médecins de ce temps, types extrêmes de la dégradation civilisée, verraient-ils avec joie un autre Robert d'Arbrissel entraîner, par foules, dans d'immenses monastères les tristes habitants des maisons de prostitution et diminuer de la sorte les bénéfices que la débauche assure à leur industrie?
Cependant, si l'influence des médecins s'est accrue, il n'en a pas été de même de leur fortune et de leur considération. Pour être riches, ils sont trop nombreux pour être considérés, ils sont tout à la fois serviables e trop ignorants. La société se venge ainsi des périls qu'ils lui font courir, et plus encore peut-être des bons offices qu'elle en obtient. L'estime ne s'acquiert pas par les mêmes voies que la célébrité. Le talent même et le succès ne suffisent pas à conquérir cette auréole
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de la bonne renommée, cette confiance du cœur réservée à la vertu. Quelle différence sous ce rapport entre les médecins et les prêtres I On peut honorer les individus pris à part ; la corporation en masse est décriée. Cette opinion, plus douloureuse au petit nombre de ceux qu'elle épargne, qu'à la foule de ceux qui la justifient, ne s'est pas formée spontanément dans le public. Les médecins l'ont eux-mêmes provoquée, eux-mêmes établie, et la part des charlatans et des sots a été moindre en ceci que la part des illustres. Ce sont les maîtres de la science qui, par l'éclat de leurs polémiques, par le nombre, la déraison, la fortune et la chute de leurs systèmes, ont appris au monde la profonde misère de cette science devant laquelle le monde est prosterné. On a vu qu'elle flottait sans base au vent des imaginations, puisqu'il suffisait de ce qu'on appelle libéralement un homme de génie, c'est-à-dire d'une parole ardente au service d'une idée absolue, pour emporter comme dans un tourbillon toute une génération d'écoliers et de praticiens, jusqu'à ce qu'un autre tourbillon reprît à son tour cette poussière de docteurs et l'emportât en un sens opposé. Une telle mobilité dans une science qui a pour objet le corps de l'homme, c'est-à-dire le sujet à la fois le plus immuable et le plus intelligent, indique trop que beaucoup de docteurs, mêmes illustres, ne savent rien. Et, en effet, leur matérialisme les condamne à méconnaître le sujet même sur lequel ils opèrent; et combien d'entre eux, cyniquement, avouent tous les jours qu'ils ne connaissent pas l'homme et qu'ils ne le respectent pas ! Tel médecin en chef d'hôpital a une panacée : c'est la saignée ; il y soumet régulièrement et indistinctement ses malades. 11 saigne, saigne, saigne encore et ne cesse de saigner. Tel autre, dans tel autre hôpital, purge, rcpurgc et purge tou-