INTRODUCTION XIII
sans tlouti? roniposrs à Rouen. Lu piovinco relartle loujours sur Paris, et c'était alors l'àgc des diligences. Dans les villes lointaines, Catlius et Madelon cherchaient toujours le grand lin, le lin du lin. Et, au moins en ce temps-là, on n'y sortait de la rusticité que pour se Jeter dans raflfeclation. Fontenelle, (fîu ne rechercha jamais la cour, pfuT à la ville, à la c bourgeoisie > , comme on lit dans le portrait de Cydias.
Il débuta par recevoir des pommes cuites au théâtre. Il était le moins tragicjue des hommes, et, d'autre part, malgré tout son esprit, il lui manquait la vis comica, comme le prouvent abondamment ses comédies. 11 continua par la publication de ses Dialogues des Morls (1683 , narquois et sceptiques et tout remplis de brucards à Tadresse des anciens, quatre ans avant que Perrault lût en pleine Académie son Siècle de Louis le Grand, qui excita lîoileau à traiter ses confrères de Ilurons et de Topinambous. Dans un de ces dialogues, Homère se drape lui-même de la belle façon. L'ouvrage était fort spirituel et fort maniéré. Fontenelle qui habitait toujours près de son clocher, s'il savait déjà, comme Thistoire de Straton en est la preuve, trousser lestement l'anecdote, avait cependant encore la plaisanterie insistante. Les lettres du Chevalier d'Hcr..., que Fontenelle a toujours désavouées et que la critique a si fort maltraitées, ne méritent peut-être plus le mépris où elles tombèrent. Elles sont souvent écrites par Mascarille, mais Mascarille y dit des choses parfois intéressantes. Elles ont la couleur du temps. Elles complètent agréablement les Caractères de La Bruyère, si ofTensante que lui eût paru cette pensée : elles nous renseignent sur certains "côtés extérieurs de la société à la fin du grand siècle.
Il n'est pas surprenant qu'un pareil homme fiit fort maltraité et décrié de Racine, de Boileau et de La Bruyère. Ils voyaient renaître avec lui la préciosité : ce neveu de Pierre Corneille veillait à ne pas laisser offusquer la gloire de son oncle, et ils la pensaient bien un peu obscurcie. Les anciens, qu'ils tenaient pour des dieux, étaient traités par lui avec une calme irrévérence.
Une divergence plus redoutable encore les séparait, car les idées discutent entre elles, mais les tempéraments se livrentbataille. Jamais une génération ne sentit si fortement la vie que celle qui commenra d'exprimer sa pensée vers