DOULEUR PRÉCOCE
11 faut plaindre tous ceux qui n'ont pas eu de mère,
Car leur espoir est triste et leur joie est aniére.
Même quand une main d'ami s'ouvre pour eux,
Ils tremblent : on dirait qu'ils ont peur d'être heureux ;
Et leur âme, avant l'âge à l'effort asservie,
N'est pas apprivoisée aux douceurs de la vie.
Tel un oiseau, surpris vivant par l'oiseleur, Palpite, le cœur gros de crainte el de douleur. Dans la main d'un enfant qui doucement le presse, Et le pauvret se meurt d'effroi sous la caresse.
Puis ce dernier chapitre d'un petit poème consacré à la gloire du grand poêle Leconte de Lisle :