PA
choses, mais de rassurer la philanlhropie. Dans celle iulea- 1, il cousit les uns aux autres ud cerlaîn nombre de faits léa, observés plus ou moins bien cl qui ac demandaient pas MX que de prouver l'aptitude innée du nègre de Mozantue el du Malais des Iles Marianues à devenir de forl grands sonnages pour peu que l'occasion s'en présenlâl. M. Pritird fut néanmoins grandement à estimer par cela seul qu'il cha réellement à la difficulté. Ce fut, il est vrai, par le it c<}(é, mais ce fui pourtant, et ou ne saurai! trop lui en oir gré.
l'écrivis alors le livre dont je présente ici la seconde édition. puis qu'il a paru, des discussions nombreuses ont eu lieu à i sujet. Les priDcipes en ont été moins combattus que les )lications et surtout que les conclusions. Les partisans du igrès illimité ne lui ont pas été favorables. Lesavant Ewald etlail l'avis que c'était une inspiration des catholiques entrés ; l'école positiviste l'a déclaré dangereux. Cependant des ivains qui ne sont ni catholiques ni positivistes, mais qui isèdeut aujourd'hui une grande réputation, en ont fait entrer ognito, sans l'avouer, les principes et même des parties ières dans leurs œuvres el, en somme, Falhnereyer n'a i eu tort de dire qu'on s'en servait plus souvent et plus B;ement qu'on n'était disposé â en convenir.
Jne des idées maîtresses de cet ouvrage, c'est la grande uence des mélanges ethniques, autrement dit des mariages re les races diverses. Ce fui la première fois qu'on posa le observation et qu'en en faisant ressortir les résultats au nt de vue social, on présenta cel axiome que tant valait le lange obtenu, tant valait la variété humaine produit de ce lange, et que tes progrès et les reculs des sociétés ne sont re chose que les effets de ce rapprochement. De là fui Urée .héorie de la sélection devenue si célèbre entre les mains Darwin el plus encore de ses élèves. II en est résulté,entre res, le système de Buckle, et par l'écart considérable que
les opinions de ce philosophe présentent avec les miennes^ on peut mesurer Téloignement relatif des routes que savent se frayer deux pensées hostiles parties d'un point commun. Buckle I a été interrompu dans son travail par la mort, mais la saveur démocratique de ses sentiments lui a assuré, dans ces temps- I ci, un succès que la rigueur de ses déductions ne justifie pas plus que la solidité de ses connaissances .
Darwin et Buckle ont créé ainsi les dérivations principales du ruisseau que j'ai ouvert. Beaucoup d'autres ont simplement donné comme des vérités trouvées par eux-mêmes ce qu'ils copiaient chez moi en y mêlant tant bien que mal les idées aujourd'hui de mode.
Je laisse donc mon livre tel que je l'ai fait et je n'y changerai absolument rien. C'est l'exposé d'un système, c'est l'expression d'une vérité qui m'est aussi claire et aussi indubitable . aujourd'hui qu'elle me l'était au temps où je l'ai professée pour la première fois. Les progrès des connaissances historiques ne m'ont fait changer d'opinion en aucune sorte ni dans aucune mesure. Mes convictions d'autrefois sont celles d'aujourd'hui, qui n'ont incliné ni à droite ni à gauche, mais qui sont restées telles qu'elles avaient poussé dès le premier moment où je les ai connues.Les acquisitions survenues dans le domaine des faits ne leur nuisent pas. Les détails se sont multipliés, j'en suis aise. Ils n'ont rien altéré des constatations acquises. Je suis satisfait que les témoignages fournis par l'expérience aient encore plus démontré la réalité de l'inégalité des races.
Ce livre est la base de tout ce que j'ai pu faire et ferai par h la suite. J6 l'ai, en quelque sorte, commencé dès mon enfance. C'est l'expression des instincts apportés par moi en naissant» J'ai été avide, dès le premier jour où j'ai réfléchi, et j'ai réfléchi de bonne heure, de me rendre compte de ma propre nature, parce que fortement saisi par cette maxime : « Connais-toi toi-même, » je n'ai pas estimé que je pus^e me connaître.
35o PAGES CHOISIES DU COMTE DS GOBINEAl/
sans savoir ce qu'était le milieu dans lequel je venais vivre et qui^ en partie^ m'attirait à lui par la sympathie la plus passionnée et la f^tts tendre^ en partie me dégoûtait et me remplissait dehaine, de mépris et d'horreur. J'ai donc fait mon possible pour pénétrer de moa mieux dans l'analyse de ce qu'on appelle, d'une façon un peu plus générale qu'il ne faudrait^ l'espèce humaine, et c'est cette étude qui m'a appris ce que je raconte ici.
Peu à peu est sortie, pour moi, de cette théorie, l'obsenration plus détaillée et plus minutieuse des lois que j'avais posées. J'ai comparé les races entre elles. J'en ai choisi une au milieu de ce que je voyais de meilleur et j'ai écrit Y Histoire des Perses, pour montrer, par l'exemple de la nation ariane la plus isolée de toutes ses congénères, combien sont impuissantes, pour changer ou brider le génie d'une race, les différences de climat, de voisinage et les circonstances des temps.
*• C'est après avoir mis fin à cette seconde partie de ma tâche que j'ai pu aborder les difficultés de la troisième, cause et but de mon intérêt. J'ai fait l'histoire d'un^ famille, de ses facultés reçues dès son origine, de ses aptitudes, de ses défauts, des fluctuations qui ont agi sur ses destinées, et j'ai écrit l'histoire d'Ottar Jarl, pirate norvégien et de sa descendance. C'est ainsi qu'après avoir enlevé l'enveloppe verte, épineuse, épaisse de la noix, puis l'écorce ligneuse, j'ai mis à découvert le noyau. Le chemin que j'ai parcouru ne mène pas à un de ces promontoires escarpés où, la terre s'arrête, mais bien à une de ces étroites prairies, où la route restant ouverte, l'individu hérite des résultats suprêmes de la race, de ses instincts bons ou mauvais, forts ou faibles, et se développe librement dans sa personnalité.
Aujourd'hui on aime les grandes unités, les vastes amas où les entités isolées disparaissent. C'est ce qu'on suppose être le produit de la science* A chaque époque, celle-ci voudrait
dévorer une vérité qui la gêne. Il ne faut pas s'en effrayer. Jupiter échappe toujours à la voracité de Saturne^ et l'époux et le fils de Rhée, dieux, l'un comme l'autre, régnent, sans pouvoir s'entre-dé truire, sur la majesté de l'univers.