XX INTRODUCTION
répit, dont il abusait peut-être *, il ait beaucoup moins écrit de 1866 à 1870. Déjà de 1860 à 1866, les œuvres importantes sont rares. On ne pourrait guère citer que ses études sur les Cosaques d'autrefois et sur Pierre le Grand. Le reste, rapports, préfaces ou articles, est sans grande valeur. Il ne disait que trop vrai quand il écrivait déjà en 1860 : (( J'ai toutes les peines du monde à faire quelque chose à présent et la moindre excitation me coûte horriblement. - » Il se força toutefois à travailler, même jusqu'à la fin. De 1866 à 1870 paraîtront encore des articles sur le Jules César de Napoléon III, sur les Commentaires de César par Dubner, sur Pouchkline^ sur Tourguenef, et enfin et surtout, outre une traduction d'une nouvelle de Tourgueueî (Étrange histoire), deux nouvelles bien originales toutes deux la Chambre bleue (1866) et Lokis (1868) ^
On aime à se représenter Mérimée, dans ces dernières années, tel que la photographie nous l'a conservé, les cheveux blancs coupés courts, le visage rasé, les sourcils noirs et drus, l'œil toujours vif, les traits un peu épaissis, avec je ne sais quoi d'un peu
1. Lui qui écrivait le 21 juillet 1859 {Lettres à une Inconnue) : « 11 me semble que je marche à grands pas vers le monument », en mai 66 : « Il me semble très souvent que le moment approche », en janvier 09 : « Souvent j'ai le grand désir que cela finisse », il profite des moindres signes de guérison pour aller de droite et de gauche, chez les uns et chez les autres, se fatiguant à la ville comme à la Cour, sauf à maudire après, bals, dîners, voyages et réceptions officielles.
3. La nouvelle de Djoumane ne paraîtra qu'après sa mort, en 1873.