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XVIII INTRODUCTION

Ecosse ; en 1857 il est à Lausanne, en 1858 nous le voyons tour à tour à Aix, à Londres, à Fontainebleau, en Italie, où Florence l'enchante; en janvier 1859 il est à Cannes pour sa santé déjà ébranlée. C'est que ces dernières années il a beaucoup travaillé et beaucoup produit, malgré ces voyages multiples. Et il a produit surtout, exception faite de la traduction du Coup de pistolet de Pouchkine et de VInspecteur général de Gogol, soit des études d'art *, soit des articles sur des ouvrages artistiques et historiques -, soit enfin des articles littéraires ou historiques, études sur les Mormons (1853), les cosaques de V Ukraine (1854), H. Beyle (1855), Agrippa d'Aubigné, Branthôme, Froissart^ Philippe et Don Carlos (1856-1859). Le reste a moins d'importance, et peut être passé sous silence. Ce qui est à noter c'est que de 1853 à 1860 l'œuvre de Mérimée ne renferme pas une seule « nouvelle ». Était-il vrai, comme il l'écrivait, qu'il était dégoûté des romans et n'aimait plus que l'histoire? Qui le dira? Ce qui est certain, c'est qu'à cette heure, où il se plaint sans cesse de n'avoir plus de (( but » et de ne pouvoir plus écrire pour (c quelqu'un », les œuvres d'imagination cèdent le pas aux œuvres de science.

1. Voici quelques titres : Des monuments de la France; De la céramique; Le salon de 1853; L'hôtel de Cluny; Le retaille de Bàle; Sur un tombeau découvert à Tarragone; Alexandre du Sommerard; Les beaux-arts en Angleterre; Les marbres d'ilalicarnasse; Ch. Lenormant, etc.

2. Sur le Dict. raisonné de Tarchitecture, par VioUet le Duc; Sur les contes et poèmes de la Grèce moderne, par Marino Vreto; sur le Louis David de Delecluze ou l'Athènes de De Laborde, sur les poésies et nouvelles de madame d'Arbouville, etc.

IMRODL'CTION. XIX

Mais, hélas! les maladies surviennent qui le harcèlent durant les dix dernières années de sa vie. Malgré ses nombreux médecins à Londres, à Paris et à Cannes où il va dorénavant passer tous ses hivers, malgré un traitement de bains d'air comprimé à Montpellier, malgré une savante progression d'exercices physiques, malgré son énergie enfin, le mal devenait de jour en jour plus fort. Tout d'abord ses séjours à Cannes n'étaient pas pour lui déplaire. Deux amies de sa mère, dont là douce affection ne se démentit jamais (ce qui fait autant d'honneur à Mérimée qu'à elles-mêmes), miss Lagden et Mrs Evers, l'y accompagnaient. Il y rencontra d'autre part Cousin, Barthélémy Saint-Hilaire, Edouard Fould, Taine, Prévost-Paradol et toute une colonie anglaise. Il allait aussi aux environs, quand sa santé le lui permettait, et surtout à Nice ;a partir de 1864) voir madame Przedziecka, la présidente de cette fameuse cour d'amour qu'un caprice impérial avait voulu faire vivre à Fontainebleau et dont il avait été le secrétaire. Ce sera « la Nouvelle Inconnue » de Mérimée. Il correspond avec elle sur un ton vif et badin. C'est un commerce galant et littéraire, où l'esprit abonde. Mais bientôt le Midi même ne lui apportera plus le soulagement désiré, et il n'aura plus grand plaisir à s'y rendre et à y vivre. Il y apporte d'ailleurs les mêmes préoccupations qui l'assiègent à Paris, cù l'Empire libéral lui fait peur et où il voit l'avenir tout en noir.

Il n'est donc point étonnant qu'avec une maladie qui ne lui laissait que d'assez rares moments de

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