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XXVIII INTRODUCTION

qu'un que j'ai aimé » ou encore : « A mon avis il vaut mieux trop aimer que pas assez * d. On ne se lasserait pas de citer. Combien de fois prie-t-il d'excuser sa franchise, ses colères, même ses violences! Combien de fois saisissons-nous sur le vif les diverses manifestations de cette complexe nature, et surtout dans les Lettres à une Inconnue, où la tendresse et la fierté qui craint d'être dupe, l'affection et la brutale susceptibilité, la personnalité et le dévouement, le libre naturel et la réserve ironique, la froideur et la naïveté amoureuse se trouvent étrangement mêlés! Car, par un juste retour des choses, cet ironiste, ce roué habile dans. les choses du cœur, a je ne sais quoi de tendrement naïf dans son amour, à ses heures. Lui dont la franchise va jusqu'à accabler la personne aimée des plus dures épithètes (par exemple égoïste et hypocrite), est parfois une sorte d'enfant, qui conserve des souvenirs sans importance, (( devient stupide » un soir qu'il croit apercevoir dans une société celle qu'il aime, ne peut rester quelques jours sans la voir, lui adresse ici une fleur, là une plume d'oiseau, apprend par cœur des vers (des vers grecs même) parce qu'ils lui plaisent, et fait encore pour elle des vers anglais. Il est vrai qu'il n'alla jamais jusqu'aux vers français, qu'il détestait ".

Tel fut Mérimée. Il a été, en réalité, plus heureux en amitié qu'en amour. Est-ce pour cela qu'il ne s'est pas marié? Était-il incapable de supporter

1. Cf. Corresp. publiée par la Revue des Deux Mondes (marsavril 1896) les lettres du 28 juin lSo6 et du 9 août 1857.

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