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INTRODUCTION. XXXIII

réellement souffert (quand ce ne serait que du conflit de sa vraie nature et de sa nature voulue), et avec sa véritable physionomie, bien différente certes de celle qu'il a laissé voir à ses contemporains. Ceux-ci l'ont trop méconnu, et c'était sa propre faute; on ne saurait les accuser d'injustice. Mais il appartient aux biographes de Mérimée, qui l'aiment sans doute plus qu'il ne s'est aimé, de réparer le tort qu'il s'est fait à lui-même de gaieté de cœur. C'est ce que nous avons essayé. Il ne faut pas toutefois se dissimuler qu'une telle tâche, toute de tact et de mesure, ne pourra être bien faite qu'avec le temps, qui seul apportera les éléments nécessaires à une plus sûre et plus complète investigation.

IIÏ

Nous avons vu, chemin faisant, combien diverses et multiples ont été les occupations de Mérimée. Il n'y a pas seulement en lui, sans parler du sénateur ou de l'inspecteur des monuments, un romancier, il y a encore un historien, un dramaturge, un critique littéraire, un critique d'art, un archéologue, un traducteur, un épistolier, et même un poète, car la Guzla prouve suffisamment qu'il n'eût point été rebelle à l'inspiration poétique, s'il eût voulu forcer son antipathie. Cependant comme c'est à ses nouvelles qu'il doit le plus clair de sa renommée, c'est elles qu'il convient d'étudier tout d'abord et plus longuement. Aussi nous pardonnera-t-on sans doute de le faire avec une certaine complaisance.

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