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INTRODUCTION. XXXIX

C'est dire que le pathétique n'en souffre pas. Le choix des états d'âme, le choix des faits qui doivent nettement faire pénétrer ces états d'âme, le choix des traits qui peuvent éclairer ces faits, tout cela se complétant et se contrôlant en quelque sorte, tel est son idéal de composition. Il est sobre de parti pris, raisonnablement, intelligemment, artistiquement. Prenez telle nouvelle que vous voudrez, et vous serez frappé de la netteté des situations, de leur logique, comme de la précision pittoresque avec laquelle sont peints les personnages. Quatre à cinq situations, comme fatalement amenées, se pouvant facilement résumer en un fait précis, et qui toutes mettent en évidence Tindividualité de cette Electre Corse, sœur jalouse, poétesse sauvage, rusée et implacable vengeresse, voilà Colomba. Et de même avec Carmen l'imagination de l'auteur se limite sagement à une série de scènes, presque visibles, d'où émergent nettement les physionomies de cette diabolique et irrésistible Carmen et du passionné et malheureux José. Quinze pages suffisent à Mérimée pour exposer le drame de Mateo Falcone, tant les détails sont bien choisis : le décor, la cupidité de l'enfant, l'apparition de Mateo, sa muette et terrible décision, le châtiment du coupable, tout cela n'est-il pas présenté d'une touche vigoureuse et significative? Ne reste-t-elle pas toujours présente à nos yeux la figure de ce père qui tue cruellement l'enfant qui a forfait à l'honneur, mais veut du moins qu'il meure en chrétien? Partout et toujours, les détails ont une extrême importance et il arrive qu'ils résument toute une situation, tout un ensemble

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