‹ -- [Pages choisies]Chapitre 41 sur 122 · INTRODUCTION. L · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. L

Il reste à dire quelques mots de son style. Car quelques mots suffiront. S'il est en effet un grand écrivain, comme il l'est sans effort apparent et tout naturellement en quelque sorte, il n'y a pas à faire ressortir chez lui le moindre procédé, à moins qu'on n'appelle procédé une constante, une implacable simplicité. Joignez-y la pureté et la précision de la langue, une clarté transparente, une énergique concision parfois ou un discret pittoresque, et vous aurez tout le secret de ce style . Par là encore Mérimée est un classique. Et quand, tout en gardant ses qualités, il y ajoute, comme il arrive dans ses lettres, un aimable abandon et je ne sais quoi de plus primesautier, il n'y a rien de plus agréable que ce style, parce qu'il n'y a rien de plus facile, par suite de moins fatigant pour le lecteur. La prose de Mérimée fait songer à celle de Voltaire. Tous deux ont porté au plus haut point les qualités si françaises de nette sobriété et d'élégante rapidité. Le style n'est plus ici, dans toute la torce du terme, que le vêtement de la pensée. Sa parure, c'est justement cette exacte adhérence à la pensée, d'où naît une constante harmonie. Car rien d'extérieur, aucun vain ornement ne vient déranger ni détruire l'ensemble. Encore un coup, le naturel et la simplicité sont sa suprême force. De sorte que pour n'avoir

Page 1