L INTRODUCTION
toute française. Et il nous semble que c'est là aussi le caractère de sa critique artistique. Sans être un parfait connaisseur des choses de l'art, on est frappé (certains termes du métier étant compris, bien entendu) de la netteté et de la précision des discussions, de la clarté des descriptions ou de monuments ou d'églises ou de tableaux ou de statues ou d'objets, que l'on rencontre dans ses articles ou dans ses notes de voyages. Aussi peut-on regretter qu'une grande partie des rapports de Mérimée, inspecteur des monuments, dorment encore dans les cartons du ministère. A en croire les juges compétents ce sont des chefs-d'œuvre de science et de clarlé, où ne manque pas parfois une chaleur communicative. Nous n'en sommes pas autrement étonné de la part d'un homme qui a adoré les arts, qui a visité maintes fois les plus beaux musées de l'Europe, qui s'y connaissait en tout, qui se détournait de sa route pour admirer un monument, une toile, tel ou tel vestige aussi de l'antiquité, et qui enfin a passé son temps à dénoncer aux pouvoirs publics l'état lamentable de notre patrimoine artistique. Ce n'est certes pas là un des côtés les moins intéressants de la vie et de l'œuvre de Mérimée : Dessinateur habile, curieux enthousiaste et passionné pour l'art, inspecteur actif et dévoué, il devait être nécessairement, par surcroit, un critique sagace et pénétrant. Là encore il fond ensemble harmonieusement, à la française, la science et Tart. On ne peut lui en savoir trop de gré.