LES CYGNES
De vifs regards d'amour. Les Tentations Arrachent de leurs lyres melliflues de vagues sons. Les princesses suivent leur route, adorables visions Dans leur blancheur de colombes et d'étoiles. Les uns et les autres se perdent par le chemin de rose, Et mon âme reste pensive à leur passage.
Oh ! qu'y a-t-il en toi, mon âme ?
Oh ! qu'y a-t-il eu toi, ma pauvre infante mystérieuse? Tu penses peut-être à la blanche théorie ?
Peut-être Les brillants garçons t'attirent-ils, ô papillon ?
Elle ne me répond pas.
Pensive, elle s'éloigne de l'obscure fenêtre
— Pensive et souriante.
Tendre sœur de la Belle au bois dormant — , Et elle s'endort là où Elle rêve depuis trente ans. Et en rêve elle dit : « O' douces délices des cieux! O terre rosée qui caressas mes yeux !
— Princesses, enveloppez-moi dans vos voiles blancs !
— Princes, étreignez-moi dans vos bras rouges !
{Proses Profanes. Trad. par Marins André.)