SONNET AUTOMNAL AU MARQUIS DE BRADOMIN
Marquis (comme le divin tu l'es), je te salue ! C'est l'automne et je reviens d'un Versailles dolent Il faisait très froid et des gens vulgaires erraient Le clair jet d'eau de Verlaine était silencieux.
Je demeurai pensif devant un marbre nu Quand je vis une colombe qui passa rapide Et par un brusque jeu de pensée inconsciente Je pensais à toi. J'élude toute exégèse en ce cas.
Versailles automnal, un oiseau, un joli Marbre, le vulgaire errant, épais et banal ; De tes proses subtiles, des lectures d'antan.
La récente impression de tes triomphes... Je fuis 'Plus de détails enfin d'expliquer par ceci Comment, automnal, je t'envoie toutes ces roses.
[Chants de vie et d'espérance. Trad. par M'""^ B.-M. Moreno.)