AUTRES POÈMES, XVII
pour cela seulement :
Frisson, morsure ou baiser
dans ce pain divin
pour lequel notre sang est notre vin.
En elle est la lyre,
en elle est la rose,
en elle est'la science harmonieuse
en elle se respire
le parfum vital de toute chose.
Eve et Cypris concentrent le mystère
du cœur du monde.
Quand Pégase tout doré
dans la victoire matinale s'élance
avec le rythme magique de son pas
vers la vie et vers Tespérance
S'il secoue la crinière^ et enfle les narines,
sur les monts pose son sabot sonore
et vers la mer pousse un cri
et l'espace se remplit
d'un immense frisson d'or.
C'est qu'il a vu Anadyomène nue.
Gloire, ô Puissante, que les ombres craignent! Qu'on t'immole les plus blanches tourterelles ! Pour toi, toute la forêt est dans le pollen et toute la pensée dans la semence sacrée !
Gloire, ô Sublime, qui est l'existence
par qui toujours le futur est dans la matrice éternelle !
Ta bouche a le goût de l'arbre de la science;
en tordant tes cheveux, tu éteignis l'enfer.
Inutile est le cri de Tinfâme légion
de rintérêt, inutile aussi le progrès
Yankee s'il te dédaigne.
Si le progrès est de feu, pour toi il flambe ;
toute lutte de Thomme va vers ton baiser
Pour toi, l'on combat ou l'on rêve !
Car en toi existe, le Printemps pour le triste
le labeur joyeux pour le fort
le nectar, l'amphore, la douceur aimable.
Parce qu'en toi existe,
le plaisir de vivre, jusqu'à la mort,
et devant l'éternité probable !
[Chants de vie et d'espérance. Trad. par M*^^ B.- M. Moreno.)