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A ROOSEVELT

Toi, dompteur de chevaux et massacreur dé tigres, L'Alexandre-Nabuchodonosor, (Toi, le professeur d'Énergie, Comme disent les fous d'à-présent.)

Tu crois que la vie est un incendie Et que le progrès est une éruption ; Tu crois que partout où tu mets la main, C'est Tavenir que tu poses.

Non.

Etats-Unis, vous êtes grands et formidables.

Quand vous bougez, on sent un profond tremblement

Se niouvoir à travers les vertèbres des Andes.

Criez : on croit entendre rugir un lion.

Hugo l'a dit à Grant : « A vous sont les étoiles ! »

(Le soleil argentin en est à son aurore,

Et voici l'astre du Chili...) Vous êtes riches.

Vous honorez Mammon en même temps qu'Hercule ; •

Et, éclairant la voie des faciles conquêtes,

La liberté lève son flambeau à Nev7-York.

Pourtant, notre Amérique, celle des grands poètes Depuis les temps anciens de Netzahuaicoyotl, Celle qui conserva les traces de Bacchus, Et qui jadis apprit Talphabet du grand Pan, Qui consulta les cieux, qui connut l'Atlantide Dont le nom nous parvient résonnant dans Platon, Qui, depuis les moments reculés de sa vie, Vit de parfum, de feu, de lumière et d'amour, Notre Amérique, l'ardente et grande Amérique, Celle du Roi Atzèque et celle de l'Inca, Et celle de Colomb, catholique, espagnole,

L'Amérique du noble Guatemoc qui dit :

« Suis-je sur un lit de roses? » Cette Amérique

Qui frémit d'ouragans et se nourrit d'Amour,

Hommes aux yeux saxons et à Tâme barbare,

Cette Amérique vit! Cette Amérique songe !

Elle aime et vibre ; elle est la fille du Soleil î

Prenez garde ! Et vive l'Amérique espagnole !

Le Lion Espagnol a lâché sa portée.

Il vous faudrait, Roosevelt, être le Seigneur même,

Le terrible Guerrier et le puissant Chasseur,

Pour pouvoir nous tenir dans vos griffes de fer.

Et puis, une chose vous manque encore : Dieu !

{Chants de vie et d'espérance. Trad. par Jean Cassou.)

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