‹ Pages choisies;Chapitre 71 sur 91 · DREAM · texte numérisé non relu

DREAM

Sur un floral songe éveillé S'égrène, tel un cristal fin, Le chant du poète divin.

Ah ! rossignol, bien gazouillé !

Bottom écoute ce cristal Et sous la brise qui soupire Se sent soudain sentimental :

Titania n'est que sourire.

Shakespeare au bois charmant s'en va, Un lied fleurit au cœur de Heine.

Tandis qu'Hugo cadence la Fête chez Thérèse, Verlaine

Brûle dans les flammes des roses Mélancolique et Tair étrange Et dit aux nymphes de ces choses Qui tiennent du bouc et de l'ange.

Beardsley se glisse à la façon D'un sylphe, et ce qu'il amalgame De neige, cendres et charbon Donne au songe un corps et une âme.

De Nerval soupire à la lune, Laforgue des malheurs soupire Du génie et de la fortune, Et Mallarmé va sans mot dire.

{La Chanson Errante. Trad. par G. Jean Aubry.) ^ 69 «

POÉ^SIES CHOISIES.

Page 1