‹ Pages choisies [Texto impreso]Chapitre 2 sur 49 · P - LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN · texte numérisé non relu

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I08, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, Io8

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PRÉFACE

Me sera-t-il permis de dire , comme quelqu'un qui entre en conversation avec un public devant lequel il doit se présenter lui-même , que José Enrique Rodô était un homme supérieur de notre Amérique latine ?

Dans son enfance , il fut le fils gâté d'une famille riche ^ et ancienne. Elevé à la première école laïque ouverte dans son pays, cest à son foyer qu'il reçut cette éducation catholique dépourvue de cléricalisme , mais pleine de religion o et des principes moraux que nos mères savent donner là- . bas. A l'âge oit l'on apprend à connaître les amertumes et les douceurs de vivre, Rodô, orphelin de père , commença Z ses études universitaires. Elles furent si brillantes qu'à ; vingt et un ans à peine , il faisait V admiration de ceux qui il' écoutaient disserter de littérature , d’histoire, de voyages, - 7 avec aisance et avec un savoir sans pédantisme.

Il déserta les classes pour voler tout seul dans le vaste uj champ de l'art et de la pensée. Il y entra en triompha - ' teur. Plus que le veni, vidi, vici, de César aurait pu lui u servir de devise l'exclamation hautaine de V auteur de Childe Harold : « Je me suis réveillé fameux » . Et il sut rester fidèle à ce réveil. On peut, lui appliquant ce jugement qu'il donna sur V écrivain équatorien Montalvo, dire de Rodô r qu' « il apporta à l'exercice de la littérature la ferveur , la

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