HUGO D. BARB AGE LATA
leure tribune pour Rodé, maître dont la voix avait une répercussion qu’il n'avait pas lui-même le pouvoir de mesurer. Il devait , donc , continuer à parler à la jeunesse en maître , puisque , comme il l'avait déjà confessé dans son initiation triomphante, « parler à la jeunesse sur des motifs nobles et élevés, quels qu’ils soient , est un genre d' éloquence sacrée ». Et il en parla. Il en parla longuement et hautement, avant de parcourir la troisième étape de son existence : celle des voyages. A son avis « la pratique de Vidée de notre rénovation a un précepte supérieur : voyager. Se renouveler , cest vivre. Voyager c'est se renouveler ». Il crut aussi que <t dans le développement de l’esprit , dans les progrès des lois , dans la transformation des mœurs, le voyage d'un homme supérieur est souvent la borne qui sépare deux époques , l’horloge qui sonne une grande heure ». Pour lui cette horloge sonna, malheureusement, l'heure qui n’a pas de quarts ni de demies...
Mais revenons à ses Motivôs de Proteo, qui est le point culminant de son érudition et de sa science. C’est la réalisation matérielle du principe qu'il ne cessa d'y répéter : « se renouveler c'est vivre. Celui qui ri avance pas, recule ». C'est le livre — comme il le redit lui-même — du perpétuel devenir ; « unlivre ouvert sur une perspective infinie ». Une telle définition dispense le commentateur d'une tâche ardue : celle de déterminer le genre de l' ouvrage.
Motivos de Proteo est un amalgame de paraboles, de sentences, de maximes, d' aphorismes, tendant tous à exalter la personnalité, à développer la confiance en soi, à fortifier la volonté qui porte le secret de notre Destinée. Il nous conseille d'avoir, dans la vie, « l'espérance comme Nord et comme Lumière, la volonté comme force; d'appliquer cette force à notre propre personne afin de nous transformer, de nous rendre chaque fois plus constants