‹ Pages choisies [Texto impreso]Chapitre 9 sur 49 · HUGO D. BARRAGE LATA · texte numérisé non relu

HUGO D. BARRAGE LATA

contenu adhère toujours aux parois du Vase ; la liqueur nouvelle que Von y verse sed imprègne , et autant de fois change la liqueur , autant de fois un parfum nouveau se mêle au propre arôme de celui qui , le premier , y fut servi » ? En outre , il devenait de plus en plus humain et, sans le chercher, après avoir conquis tout le public de V Amérique espagnole et une partie de celui de l'Espagne même , il allait occuper une place entre les docteurs de la pensée universelle quand la mort , dont il se plaisait à parler dans les derniers temps , vint nous le ravir à Païenne , dans cette belle Italie pleine- de souvenirs de la Renaissance qu'il aima tant ,

Laissons de côté ses campagnes politiques et cette vie de journalidte dans laquelle il est entré , parce « dans un pays comme le nôtre , être écrivain et ni avoir pas été , fût-ce accidentellement journaliste , constitue non pas un titre \ de supériorité ou de distinction , mais bien, un brevet d’égoïsme ». Arrivons à la dernière de ses œuvres. Elle est à comme T inventaire des créations multiples d'un auteur qui ne se contente point de prêcher V action par la parole mais se donne lui-même en exemple. El Mirador de Prôspero, c’est son titre . Trois études admirables sur Bolivar, sur Montalvo et sur Juan Maria Giitiérre ressortent parmi d'autres qui , pour être de moindre importance , n'en sont pas moins profondes, telle celle qu'il consacre à Idola Fori, œuvre du malheureux écrivain colombien Carlos Arturo Torres ; tel son discours à l'auteur de Thaïs, en qui il voyait •« l’esprit fascinateur de la France , la suprême efflorescence de celte âme latine qui veille, à travers les siècles , sur le * monde, pour maintenir bien au-dessus des débordements de la force et des platitudes de V utilitarisme V auguste doctrine de l'idéal désintéressé ».

Si Rodé ne détesta pas le moi à la façon de Pascal , il

PREFACE

aima peu parler de lui-même . Dans son Mirador cependant , il laisse percer des réflexio ns où sa personne n'est pas étrangère, Soit qu'il décrive , gn des phrases artistement ciselées , la gesta de la forma ; critique V œuvre dramatique

de Roberto Payrô ; soit qic il s'arrête à marquer des dissonances dans Tharmonie. Son étude sur Bolivar , solide et superbe , zz/z point de vue historique que littéraire est

— comme le lecteur le verra tantôt — digne du héros qui en est l'objet. On peut en dire autant de son essai sur Montalvo . Celui-ci est , après Rubén Dario, dans lequel il suivit le procédé de Gautier , son travail de critique littéraire sans contredit le plus éminent. Un peu comme Sainte- Beuve , un peu comme Taine , il étudie de manière incomparable l'homme , l'œuvre et le milieu , partant du principe que Montalvo. « est la représentation typique de l'écrivain dans toute V intégrité des facultés et des disciplines qu'un tel titre suppose » . A son propos il fait une analyse exacte et délicate de l'époque , comme il décrivit au sujet du penseur argentin Juan .Maria Gutiérre ç, 1ère des luttes pour la liberté qui , à Rio de la Plata, suivit la déclaration de l' Indépendance.

Rodô était de taille haute et svelte, avec des yeux j rancs et perçants comme son esprit. De manières très simples, il était toujours disposé à donner des conseils à ceux qui les demandaient. Marcheur infatigable, il faisait de longues promenades dans sa ville natale, où il exerçait son apostolat sans orgueil et sans fanfaronnade.

A l'égal du grand orateur romain , s'il n' oublia jamais le p élit Uruguay sa patrie, il répéta à satiété que l' Amérique était la grande patrie qui contient tontes lès autres. « Nous

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