RE UN
« Baudelaire raconte qu'ayant, jeune et inconnu, demandé une audience à Th. Gautier, le maître, en l’accueillant, lui fit cette question : « Lisez-vous les dictionnaires ? »
Anatole France, La vie littéraire (1888-1893, t. III).
Son influence est la première que l’on subisse, son amitié, ses conseils sont les premiers qu’on cherche. Flaubert, Edm. de Goncourt, Th. de Banville, commencent par l’imiter. Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal comme au « maître impeccable » des lettres françaises. Fromentin débutera en littérature sous son patronage. Il est resté à l’arrière-garde de la colonne dont la tête a déjà bifurqué et s’engage dans la grande voie de l’art social. Il accueille les survenants, et c’est lui qui les guide dans le chemin plus étroit de l’art pour l’art, qu’on délaissait.
A. Cassagne, La Théorie de l’Art pour l’Art (p. 462 [1906]).
Voir aussi Le Tombeau de Théophile Gautier (Paris, Lemerre, 1873 : poèmes sur Th. Gautier de Leconte de Lisle, de Heredia, François Coppée, Th. de Banville, Sully-Prudhomme. V. Hugo dit :
Fils de la Grèce antique et de la jeune France...
Mage à Thèbes, druide au pied du noir menbhir,
Flamine aux bords du Tibre et brahme au bord du Gange,
Mettant sur l’arc du dieu la flèche de l’archange | D’Achille et de Roland hantant les deux chevets, >, Forgeur mystérieux et puissant, tu savais
Tordre tous les rayons dans une seule flamme.