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CRÉATION DU SOLEIL, DE LA LUNE ET DES PLANTES

on, se montra si passionné de dessin que son père, après l'avoir cruellement frappé parce qu'il ne pouvait comprendre que le fils d'un podestat se fit artiste, consentit enfin à lui laisser suivre sa vocation. Le Ier avril 1488, le petit Buonarroti, qui était dans sa quatorzième année, entrait à l'atelier de Ghirlandajo, peintre fresquiste de Florence. C'est donc une éducation de peintre qu'il reçut tout d'abord, et son premier maître est regardé comme le plus grand peintre de fresques de son temps.

A cette époque, le procédé héroïque de la fresque ne jouissait plus à Florence de la môme vogue qu'auparavant. Les artistes délaissaient les grandes décorations murales, d'un faire trop large à leur sens, pour des tableaux de petite dimension, plus appliqués, et la peinture à l'huile se substituait à la peinture à l'eau. Yer-

rocchio, Pollaiuolo, Botticelli, Pérugin, Léonard de Vinci étaient les chefs de cette nouvelle école qui se donnait pour but de reproduire la nature avec une précision de plus en plus grande. Un seul maintenait encore les anciennes traditions italiennes et continuait l'art très décoratif de Masaccio, de Filippo Lippi, de Benozzo Gozzoli : c'était Ghirlandajo, le professeur du jeune Michel-Ange.

Au moment où l'apprenti peintre entra dans son atelier, le maître travaillait depuis deux ans aux fresques de Sainte- Marie-Nouvelle, son chef-d'œuvre. Que ses élèves l'aient aidé en ce travail, Michel- Ange comme les autres, cela ne fait aucun doute, car c'était de commune pratique.

Nous le savons même positivement, et, en effet, Vasari raconte qu'un jour, en l'absence de Ghirlandajo, Michel-Ange s'amusa à dessiner l'échafaudage, les gale-

ries de bois et ses camarades d'atelier. Le contrat d'apprentissage signé en 1488 stipulait que le jeune homme resterait trois ans chez son maître. En fait, il le quitta au bout d'un an pour entrer chez le sculpteur Bertoldo, ancien élève de Donatello. A en croire Condivi, il se serait brouillé avec Ghirlandajo, que ses premiers essais, véritables succès, auraient

rendu jaloux. Comme toute la suite proteste contre cette assertion, il vaut mieux croire simplement que Michel-Ange venait de découvrir sa vocation de sculpteur.

Mais ces premiers succès de peintre sont tout de même à noter.

Bien que transfuge, Michel-Ange n'abandonna pas pour cela la peinture. De nouveaux récits nous le montrent étudiant les

Phot. Anderson.

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