‹ Pages d'art chrétien (volume 3)Chapitre 26 sur 44 · SAINT LAURENT RECEVANT DE SIXTE II LES TRÉSORS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SAINT LAURENT RECEVANT DE SIXTE II LES TRÉSORS DE L'ÉGLISE

qui se passe devant l'ancienne basilique constantinienne du Vatican, démolie par Bramante pour faire place au Saint-Pierre actuel.

4 bis. L'empereur de Rome, Valérien, assis sur un trône, dans une niche, menace des verges posées à terre saint Laurent, qui, les mains liées derrière le dos, est poussé par un soldat au milieu d'une foule brillante. Il faut noter à droite un accusateur à profil juif très prononcé et un personnage oriental à turban. Une draperie verte, tendue à mi-hauteur, forme un riche décor de fond.

5 bis. Un bourreau attise avec une fourche le feu du gril sur lequel saint Laurent est étendu. Un autre bourreau maintient le martyr avec une perche. Les

assistants rient. Du haut d'une terrasse, l'empereur et T impératrice, entourés de quelques courtisans, parmi lesquels deux Orientaux, assistent à la scène. Par une fenêtre de cet édifice, à gauche, on aperçoit le Saint dans sa prison bénissant un Hdèle agenouillé. Cette fresque est très abîmée. La vie de saint Etienne forme six tableaux très réguliers; le 5 et le 6, consacrés tous les deux au martyre, en représentent deux moments différents . La vie de saint Laurent ne forme que cinq tableaux, le premier occupant la place de deux sur la paroi qui est du côté de l'épître, mais ces cinq fresques représentent tout de même six épisodes, la cinquième en reproduisant deux à la fois, et l'équilibre se trouveainsi

FRA ANGELICO ET LA CHXPELLE DE MCOLAS V AU VATICAN

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rétabli. On pourrait même en trouver sept. Le second panneau, en effet, peut être décomposé eil deux. Les soldats qui veulent

forcer la porte, derrière laquelle se trouvent lestrésors de l'église, ne sont pas en rapport

direct avec le Pape et le Saint pla<

\ d'eux. Ce sont deui scènes distin< reliées seulement par un des deux suivants du Pontife, qui, le regard inquiet tourrié vers la porte, t. m un geste d'effroi.

Cette façon de morceler le récit et de le détailler en épisodes contigus n'est plus dans nos mœurs artistiques, mais il faut savoir l'accepter. Elle était dans les habitudes de l'époque. Fra Filippo Lippi, à la cathédrale de Prato, a représenté côte à côte Hérodiade dansant devant Hérode, Hérodiade en conciliabule avec la reine, enfin Hérodiade remettant à sa mère la tête de saint Jean-Baptiste. Et c'est une même salle qui sert de cadre aux trois scènes mêlées sans scrupule comme si elles se passaient simultanément, au même endroit. Près de quarante ans plus tard, Botticelli, sur les murs de la Sixtine, peindra six fois le même personnage, Moïse, dans le même tableau, dans un paysage unique, occupé à six actions

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