FIG. 4 AUTEL D'AURIOL
AU MUSÉE BORÉLY DE MARSEILLE (Ve S.)
temps il aimait à le faire sur les tombes mêmes où reposaient leurs ossements:
l'autel sera donc le tombeau, la confession du confesseur de la foi. Pierre de sacrifice, table, tombeau, l'autel est tout cela à la fois, et toujours il rappellera dans sa forme l'un de ces trois caractères. L'autel, au début du christianisme, ayant eu la destination d'une table de repas, et le culte ayant été d'abord célébré dans les maisons particulières, il est à croire que les premiers autels chrétiens furent des tables en bois, carrées ou circulaires, sur un ou plusieurs pieds, et montées sur châssis. On montre à Saint-
FIG. 5 JAMBAGES DE L'AUTEL DE BACCANO, PRÈS ROME, ET TABLE D'AUTEL DE SAINT-VICTOR DE MARSEILLE (\'e S.)
Jean de Latran et à Sainte-Pudentienne de Rome, enchâssés dans l'autel, des débris en bois de cèdre que l'on regarde comme provenant de la table sur laquelle
PAGFS D ART CHRETIEN
saint Pierre aurait célébré. Dom Leclercq écrit à leur sujet dans le Dictionnaire d'archéologie : « Nous ne voyons aucune raison d'admettre sans preuves leur authenticité. »
Mais, si elles ne remontent pas au Prince des apôtres, ces reliques vénérables nous viennent sans doute des premières communautés chrétiennes, et il faut, je
Phot. Mon. i.ist.
FIG. 6 — AUTEL DE SAINTE-MARTHE A TARASCON (VIIe S.)
crois, considérer comme le type le plus ancien les tables eucharistiques primitives auxquelles elles prétendent se rattacher. Aucune de ces tables ne nous étant parvenue, nous sommes obligés d'en juger d'après des reproductions. C'est l'une d'elles que nous voyons à Saint-Vital de Ravenne, à Saint-Apollinaire in classe et au baptistère de la même ville sur des mosaïques du vie siècle ; enfin aux cata-