AU LECTEUR
Celui qui commeuce àl'âge de vingt ans l'étude de l'histoire de son pays et qui ne la néglige jamais, arrive à cinquante ans avec des cartons assez bien remplis. Le mot ''étude" veut dire lecture de tous les livres qui traitent de notre histoire, examen des archives et pièces inédites auxquelles nous pouvons avoir accès, découvertes de documents, puis, de longues réflexions qui nous permettent de coordonner tous ces renseignements, afin d'en tirer une philosophie. C'est la mer à boire pour celui qui n'a pas reçu en naissant le goût de ces travaux. Ardue est la tâche de l'historien, même du plus humble, s'il est véritablement digne de l'œuvre qu'il entreprend. Pour lui, plus de repos, plus de tiédeur, plus de satisfaction paresseuse, tant qu'il n'a pas atteint un but, trouvé la clef d'un fait, introduit la lumière dans une page demeurée obscure. Cela mène à la passion, celle des artistes, celle des hommes qui ne font rien comme les autres. Vous connaissez des peintres, des musiciens, des ingénieurs qui sont de cette trempe. Leur vie entière se passe à la recherche de l'inconnu, de l'impossible et tend toujours en haut. Tel est aussi l'historien. Celui-là vit dans le passé, il en creuse