ET UN VIEITX FUSIL
— Les bassinets, dit-il, sont placés trop en avant. La charge s'enflamme par le centre, ou à peu près, il en résulte un recul de l'arme, par conséquent un tir moins juste.
— Cependant, lui répondirent les officiers, très surpris de la vérité de cette remarque, les meilleurs armuriers de l'Europe ne font pas autrement.
— Eh bien ! pas nous autres, à Québec !
— Voilà qui est étrange, et comment faites-vous donc ?
— Nous condamnons la lumière ; nous reculons le bassinet et nous ouvrons une autre lumière à un point précis au fond du tonnerre. La charge prend feu par derrière — et va voir si ça recule !
— Savez-vous que tous les militaires ont cherché ce secret depuis le commencement des guerres de Bonaparte jusqu'à l'heure où je vous parle !
— Hé donc ! fallait se recommander à Québec.
Information prise, c'était un forgeron qui régénérait ainsi les fusils à pierre, sans se douter peut être qu'il avait presque découvert le mode de chargement par la culasse.
— Il nous en coûtera chacun deux ou trois guinées, mais l'amélioration en vaut la peine, se disaient les officiers. En effet ce travail eut ét^ payé $15 en Angleterre, mais aussi la trans^ mation eut été élégante.
Lorsque le forgeron vit les belles armes messieurs, il secoua la tête et dit :
— Ça vous coûtera cher.
— Très cher, i)en8ez-vous î