‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 37 sur 53 · TES · texte numérisé non relu

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communauté protestante n’est pas nombreuse ; mais une dizaine de citoyens, tout au plus, assistent au service divin; et n’était-ce la présence &es officiers et des soldats des Fencibles, Je ministre prêcherait devant des bancs presque tous vides. Cependant, s’il est vrai que le nombre des Anglais en cette ville est minime, comparé à celui des Français et s’il faut en déduire encore trois ou quatre familles juives, il y en a encore assez pour remplir une si petite chapelle, La désertion qne l’on y remarque provient des #roubles qui agitent les citoyens et de la jalousie des partis politiques nés aux récentes élections, ce qui éloigne du ministre tous ceux qui ne partagent pas ses vues à ce sujet, nonobstant la terreur que répand une maiadie courante en ce moment, l’influenza. (1) ??

Il ne faut pas croire que les familles juives en question assistaient au srêche protestant. Elles avaient une synagogue, pout-être ia première étab'ie en Canada, et un cimetière privé. La synagogue à brulé il y » une trentaine d’années.

Alors, comme aujourd’hui, les officiers des troupes s’arrogeaient le droit de donner le ton de la rnode. On raconte qua, le soir d’un bal, ayant appris que certaines gens peu à leur convenance sous le rapport de la position sociale devaient s’y présenter, toutes les ‘‘ épaulettes ”’ refusèrent carrément d’y paraître, en sorte que les

(1) En 1727, 1732, 1764, 1806-7, 1889-90, l’influenza s’est promené de l'Europe en Amérique, causant «a nombreux décès,

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dant, continue-t-il, M. Hart a eu peine à trouver trois électeurs sachant lire pour certifier son élection ; à la fin il n’a pu produire qu’un huissier ivre, un maître d’école sans écoliers et un savetier sans pratique.” Bien entendu que je cite es passages, avec quelques autres, à titre de curiosités historiques, voilàtout. Articles de gazette ne sont pas toujours articles de foi.

Selon le même journal, l’élection d’un Juif ne dénotait pas l’absence d’inimitiés ou de préjugés religieux aux Trois-Rivières ; ‘‘ bien au contraire, dit-il, c’est une preuve de l’existence d’une forte influence parmi les électeurs, plus forte que le sentiment du devoir.’ Ensuite, considérant que les Juifs font corps à part partout, et qu’il sont éminemment égoiïstes, il leur dénie ie droit de se porter aux fonctions publiques.

Le Mercury donnait vertement la réplique, invoquant tantôt des textes historiques, pour prouver que les Juifs ont droit de siéger en parlement, tout en faisant l’éloge de l’esprit d’entreprise et de l’intégrité de M. Hart. Chose étonnante pour un homme qui avait mani l’argent du gouvernement, il ne paraît pas que personne l’ait accusé de fraude ou d’abus de confiance,

Enfin, pour couronner la polémique, Ezéchiel Hart est nommé... agent du Mercury aux Trois- Rivières..….et le gouverneur Craig met l’embargo sur les exemplaires du Canadien adressés aux abonnés de cette ville !

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nd La session de 1808 S’ouvrit le 29 janvier ; M. bn Coffin ne tarda pas à Produire les pièces à l’apst pui de sa Contestation, qui concluaient en depbs andant la radiation n nom de Hart et l’insa cription du sien en lieu et place. Les débats b . À qui en furent la Conséquence sont connus, L’ex M pulsion de M. Hart et celle des juges de la Cham. À titre bre OCCUpa presque toute la Session, ce qui inté- 4 sre lessalt doublement les Trois-Rivières { | Le juge L, C. Foucher, avait été représentant ET f ne D de Montréal Ext de 1796 à 1800, puis du comté ni ugés de York, de 1800 à 1804, où :] fut élu, à l’unant. bi ee | mité ; de même aux Trois-Rivières, à la place : ie du juge De Bonne, qui cette année là, se fit aere cepter à Québec. On ? Vu que Foucher était adsidé- | Versaire déclaré de Hart son Coilègue, Ils se b, ss trouvèrent bientôt, vis-à-vis du parlement. dans os une position analogue, car si Hart était Juif, : Foucher était Juge, (1) de: 68 Indélébiles po Yeux de la majorité de.

ee | Le BOuVerneur sir James Heanr, irrivé 354 1 Pour prendre Les rênes de l’administra le D 1807). vieil ami de la famille Hart, et | 5 À d’un autre côté sûr du dévouement de Fouel] JE de Sa politique, intervint sans beaucoup de façon [+ | dans la bagarre en terminant brusquement !: | ee | SeSsion le 14 avril 1808 et CaSSant le parleme: : Les nouvelles élections eurent lieu aux Tr, “6 : Rivières le lundi 16 mai Suivant. Elles surpasrois- w ar go

aux (1) Voir sur le débat

sèrent en effervescence et en activité déployée de part et d’autre toutes celles d’auparavant. Il s'agissait d’élire deux députés. Voici le résultat de la votation : Joseph Baideaux 47 voix, E. Hart 59, P. Vésina 46 et Foucher 32. Ce dernier abandonna l’arène politique et fut créé juge du Banc du Roi, à Montréal, en 1812.

Des quatre candidats de l’xnnée précédente, deux n’avaient pas concouru : Le colonel Coffin préféra se présenter de nouveau à Saint-Maurice et y fut élu ; quant à M. Bell, il n’avait apparemment toujours que ses seize voix.

M. Hart avait conservé son parti intacte, ses 59 fidèles.

Joseph Badeaux, notaire, appartenait à une ancienne famille considérée des Trois-Rivières. Son père est l’auteur du journal de 1775-76 que la Revue C'nadienne a publié en mars, avril et mai 1869, mais que la Société Historique de Montréal à beaucoup mieux réédité. Le fils était, lui aussi, fervent ‘* royaliste ?” onu chouayen, pour me servir d’une expression populaire du temps, ce qui lui valait un double avantage, car dans cette ville où le parti bureaucrate était si puissant, il avait pu supplanter M. Foucher devenu insupportable au peuple à cause de sa manière d’agir dans sa charge de juge.

Pierre Vésina d’une ancienne famille de Qué bec établie aux Trois-Rivières, fut élu en 1816, aux Trois Rivières,conjointement avec M. Ogden.

En nommant MM. Hart et Badeaux,(1) la ville

(1) Tous deux votèrent pour De Bonne ‘‘ juge et député.”’ Hart avait voté contre,

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d'efforts, ils avaient sous leur comnandement à peu près cinq cents hommes en majorité Canadiens-français et quelques Yankees. Les officiers étaient principalement des Ecossais. Les Canadiens-français font d’assez bons soldats, dit encore Lambert, mais les Yankees ne sont qu’un ramassis d’ivrognes qui tiennnent constamment les officiers en alerte par leurs fréquentes désertions. Une récompense de dix à douze louis était donnée aux personnes qui livraient les déserteurs, aussi la chasse aux soldats en rupture d’engagements étaït-elle généralement pratiquée.

Au commencement de juillet 1807, deux déserteurs du 49ème régiment s'étaient réfugiés avec arme et bagage, dans une grange, dans :a ’,aroisse de Nicolet. Un détachement de trente quarante miliciens des Trois-Rivières reçut or» de les capturer. En conséquence, le 5 juillet !2 grange fut cernée, et, sommés de se rendre, les fugitifs répondirent qu’ils allaient résister. Ce: pendant, après quelques pourparlers et une seconde sommation, l’un d’eux, nommé Campbell, déclara qu'il se livrerait, mais comme deux miliciens l’approchaïient dans ce but, il tira ur coup de feu qui atteignit en pleine poitrine Jean- Baptiste Crevier-Deschenaux et le tua. Aussi-

tôt, suivi de son compagnon, Campbell gagna le bois, En voyant ce malheur, les miliciens se sauvèrent à la débandade du côté de la ville. Quelques heures après, nne escorte des Fencibles s’empara des déserteurs, et le procès de Campbell ayant été fait le 30 juillet, il mourut la corde au cou, suivant la lettre de la loi, Le

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Les Fencibles.—-soldats, officiers et commandant (le colonel Shank)—étaient en grande faveur auprès des Trifluviens. Non-seulement ces troupes étaient composées de nationaux, mais elles s'étaient comportées admirablement au grand incendie du monastère des Ursulines, en 1806. On ne leur épargnait ni les adresses de félicitation ni les bons dîners. Le quartier-général du régiment était aux Trois-Rivières. Néanmoins, au revers de la médaille il y. avait eu, en 1807, un signe fâcheux. Une plainte avait été portée aux autorités contre la conduite que tenait ce régiment en faisant des recrues. A la tête de la pétition s’était mis le juge Foucher, colonel de milice, et M. Pierre Vésina, aussi officier de milice. Après une enquête solennelle faite par ordre de Son Exceilence, la plainte avait été renvoyée, faute de fondement. Cette affaire créait beaucoup de sensation en ville; la plupart des personnes à qui l’on avait fait signer la pétition le regrettaient et en gardaient rancune à MM. Foucher et Vésina. L’enthousiasme des Fencibles pour les candidäts vainqueurs s’explique donc parfaitement, juisque les deux battus étaient ces mêmes adversaires de leur régiment.

Les forces du colonel de Salaberry, en 1812, étaient des Fencibles et des miliciens. Le colonel Shank se distingua particulièrement, et, ainsi que plusieurs de ses officiers, obtint des terres en

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