UN VIEUX LIVRE ET UN VIEUX FUSIL
Ne bouquine pas qui veut. Outre que cette fantaisie coûte de l’argent, elle requiert une certaine Science. Et puis, il faut vivre dans un centre à la fois ancien et populeux. Ces conditions me manquent presque absolument, ce qui n'empêche pas que je bouquine—par simple force de vocation.
J’affectionne en particulier la chasse à la littérature militaire, Non pas que les récits de bataille me plaisent beaucoup, n’allons point confondre. Ce qui me tente ce sont les ouvrages des officiers qui décrivent la vie de garnison dans les colonies. Rien ne me plaît comme le franc parler de ces hommes qui ont une manière à eux de juger un pays nouveau. Le militaire narre bien, il a généralement de la verve. Le milieu dans lequel il opère ne subit ni l'influence des partis politiques, ni la gêne des ambitions locales. Pour peu qu’il soit observateur, il voit les choses de haut. Sans avoir besoin d’élever son style, le trait marquant ne lui fait pas défaut. La fameuse concision du langage du soldat serre la phrase et en fait jaillir le mot de la situation. Peu d’ombres ; tout est mis en lumière, comme dans un rapport de corps de garde :
‘€ Il n’y a pas de porte à la porte, et quand il
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