‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 47 sur 53 · RE · texte numérisé non relu

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de Ja stabilité à sa conquête. Pour commencer il mploya le commerce, ce coin formidable devant lequel le£ continents nouveaux éciatent pour ivrer passage à l’homme civilisé. D’année en année, Ge 1731 à 1743, La Vérendrye alla, s’enfonçant toujours à l’ouest, et assurant ses derrières par les forts et les comptoirs dont il jalonnait sa marche. Son œuvre, continuée par ses fils, est restée debout longtemps après la conquête. Il faut se rendre à l’année 1785 et même plus tard pour rencontrer dans ces territoires l’avant-garde de la race anglo-saxonne. Nos gens y comptaient déjà de nombreuses familles et tenaient vingt postes importants autour desquels se faisait la grarde traite des pelleteries.

Airsi, deux phases bien distinctes marquent l'histoire äes connaissances géographiques au Canada. Dans la première c’est Jacques Cartier, c’est Champlain, ou plutôt la France qui cherche et qui trouve ; dans la seconde. ce sont ies Canadiens qui savent tirer de leur petite colonie, l’outillage récessaire aux plus étonnantes découvertes qui se soient faites dans l’intérieur des continents.

Voyez les habitants de la Nouvelle-Ansyleterre qui nous dépassaient plusieurs fois en population. Ils n’ont pas songé à étendre leurs posses sions. Avec la moitié de leurs ressources mous serions allés du premier bond jusqu'au Mexique ei à !2 Californie.

En Australie, mène #hsence d'initiative. Les colons se tiennent sur les rivages Ge !l2 mer, L'intérieur du continent est resté sauvage. Et

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que dire de l’Airique, bordée de groupes bien affermis, mais qui n’osent pas s’avancer au delà dela vue du clocher de leurs villages ? Supposez dans ces pays une colonie de Canadiens — de suite, sans attendre les secours de la mère-patrie, sans balancer sur les chances de la lutte, vous verrez des explorateurs s’enfoncer au plus épais des régions lointaines et s’y créer des relations, Oui, je le répète, il n’a rien existé de comparable à l’œuvre de nos ‘‘voyageurs.??

Et, voyez ce miraclk ; En un temps où les plus fortes têtes de l’Europe, tâtonnaient pour fair sortir des limbes la science de la géographie, nos gens l’avaient créée. Oui, encore nne fois, créée d’une seule pièce et, plus que cela, ils la mettaient en pratique sur toute la ligne.

N’est-il pas vrai que, partout, soit dans les pays d'Europe, soit dans les colonies, il y a deux

siècles, la notion ia plus répandue sur la géogra phie se bornait à savoir quelle était la contrée qui environnait la ville ou la bourgade où l’on était né, où l’or demeurait ? Que penser par conséquent d’un peuple qui, dès lors, avait étendu

son influence sur des centaines de lieues de pays nouveaux et qui voulait faire encore davantage ? Les Canadiens ont aceompli cela. Et remarquons bien qu'ici ce n’était pas seulement les administrateurs, les classes élevées, les savants qni possédaien, cette instruction, ce vivace amour des découvertes — &’était chaque famille — tout le monde comme on dit, Aussi quelle ne fut pas la surprise des officiers et des fonetionnaires ansluis lorscu'ils voulurent connaître les régions

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nouvelles et qu’ils virent que le moindre'voyageur de leur escorte possédait sur tout cela, plus de renseignements que la prétendue science de l’Europe et de l’ Amérique. Ils ne purent jx1ais s’avancer assez loin pour dépasser les dernières habitations françaises. Un peu plus, nos voyageurs se seraient rendus en Chine.

Nous sommes donc une race éminemment douée pour les études géographiques. Nous possédons l’instinct de la chose, Reste à nous en servir aujourd’hui aussi habilement que nous l’avons fait dans le passé.

Ici se place la situation moderne. Elle est bien différente de celle dont nous venons de parier, Le domaine des études a beaucoup changé depuis

Des besoins nouveaux semblent avoir surgi dans l’humanité ; en tous cas les peuples ne vivent plus comme ils vivaient.

La vapeur, la télégraphie, les mines d’or, ont bouleversé l’ancien état de choses. Plus de distances ; instantanéité des communications écrites ; abondance de manufactures ; le désir général de parcourir le globe et de ie posséder, ce n’est pius le monde d’autrefois.

Or, comme il faut compter avec son temps, les regards se tournent vers les régions encore inexplorées de notre planète—et de là est née la

cience de la géographie—science qui a des racines dans le passé, mais qui, à proprement parler, date de quarante anus, peut-être même de trente, si l’on veut disputer.

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trées inconnues, il fallait d’abord découvrir cellesei, et que pour les découvrir les anciens moyens étaient insuffisants. Ainsi, plus de coureurs de bois pour commencer avec lenteur les opérations ; plus de compagnies de traite privilégiées ; plus de colons, plus d’enfants perdus sacrifiés aux limites des habitations. Ce que l’on veut, c’est occuper le territoire en utilisant la science moderne : connaître les rivières et y lancer des bateaux-à-vapeur, relier les points de repères naturels par des voies ferrées. Animés de ce sentiment, les Européens ont exécuté des merveilles depuis vingt-cinq ans ; ils ont découvert, étudié et fait connaître le quart de l’Afrique. T1 ne leur reste qu’à y envoyer des marchandises, Cela ne saurait tarder, Les nègres vont être civilisés par le calicot et les miroirs de poche.

Pour nous qui sommes à la fois un peuple jeune et l’un des plus richement dotés, rien de tout cela ne doit être vu d’un œil indifférent. Nous avons mieux que l’Europe, puisque nos manufaetures ne sont pa encore nombreuses et que le prolétariat n’existe pas parmi nous ; seulement, comme l’Europe, nous aurons besoin d’un débouché pour les produits de nos industries à mesure que celles-ci se développeront ; au lieu d’aller bien loin nous procurer un marché nous l’aurons à nos portes. Le nord-ouest attend,

Mais qui connaissait le nord-ouest en 1370 ?

Presque personne, Le souvenir en était perdu. Voilà vingt ans, une lettre venant de la Rivière Rouge était regardée comme venant de là Chine, où à peu près. ÆEn tous cas, les plaines visitées

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par no pères et où tamt de Casadiens sont établis, ne disaient plus rien à notre imagination. En ce moment, sous la pression des évènements politiques, une sorte de réveil eut lieu : 6n s’occupa de la colonie de la rivière Rouge, on alla même jusqu’à lui donner une constitution qui en faisait une province fédérale, mais c’est tout, On ne voulut pas en savoir plus long, On poussa l’indifférence jusqu’à ne vouloir parler ni des immenses territoires situés à l’ouest de Manitoba, ni de la lisière de terre exploitable qui #’étend au nord entre la baie d'Hudson er le Saint Laurent. Nous en étions là : possesseurs, seigneurs, administrateurs, payant les frais de ces pays nouveaux, mais ne Les commaissant pa€ et ne voyant pas que leur avé st séativement # nous, 6 que l’Afrique et l'Australie yont être pour l’Europe, lorsque l’entreprise du chemin de fer An Pacifique à fait redéco r/rir notré Bord OJüest,

Autour de simplé question {6 géographie viennent donc 8° placer Yylusieurs autres sujets d'étude, A vrai dire, là géographie est, dans cet orâré d'idées — idées qui naissent des bésoins modernes lé pivot sur lequel fônrne en €4 moment la destinée des peuples, J'oserai dire que 6 Canada 6% } ue tout autre exposé à

périr #1] hé tient pas dompte de ce qui sé passe et s’il wousvoit à réftenir sa part d’actior dans le mouvement qui, d'ici à trente ans peut être, aura C} gé la fare de tout ce qui reste sous le soleil de pa colmiser, Inutile, je pénée, d’insister 1à-dessus ; néanmoins, #1 l’on avait des

doutes, une simple question les réglerait : où

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MONTAGNES ROCIHEUSES 451

sont les hommes qui savent ce que c’est que notre marine, nos pêcheries, ce qu’il faut faire pour améliorer le golfe Saint-Laurent et y créer des industries ; où sont ceux qui connaissent le nord des provinces de Québec et d’Ontario ; où sont les écrivains, les orateurs qui peuvent populariser la connaissance du Nord-Ouest ? Il y ena quelquesuns, sans doute, mais isolés, méconnus, n’ayant chance de se faire écouter que par accident et à titre de phénomènes-—comme la machine parlante et les chiens savants. Ce qui n’empêche pas que nous payons pour mettre sous notre nom ces espaces immenses dont il serait à propos de tirer quelques profits dès À présent. Nous vou- ‘ons les pêcheries de Terre-Neuve et les autres, nous voulons la baie d'Hudson, nous voulons la Saskatchewan, fort bien, mais savons-nous €?

que c’est? Pas piu: que ous € tonnaissous Î4 lune, Alors pourquoi ne pas démander la lune également ? Cela me rappelle ce fameux cri des chambres françaises avant 1870: ‘II nous faut le Rhin !”’ Un député impatienté posa brütale ment cette question : ‘Savez-vous seulement ce que c’est que le Rhin et où il se trouve !?? Il n’en faut pas davantage pour nous embarrasser.

Mnvisageons les choses avec soin. Ce qui manque aux pays d'Europe nous l’avons à nos portes : le territoire, l’espace, les ressources d’un soi fertile, Reste à en faire la géographie à tous les points de vue que cette science comporte : histoire, agriculture, mines, voies de communicalins, élimat, ete, C'est beawtoup, Oui, c’est Peanconp en effet quand on songe qu’il a fallu

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dépenser quatre millions de piastres pour indiquer sur la carte la route que peut suivre un chemin de fer entre l’ancien Canada ec les Montagnes-Rocheuses—-et il ne s’est rencontré personne dans le parlement pour allumer le moindre lumignon, la moindre chandelle propre à éclairer les ministres de deux administrations qui ont travaillé dans ces ténèbres! Nous sommes teliement rentrés dans notre coquille que nous ne savons ce que c’est que le pays appellé Canada. Nos voyageurs du temps passé étaient plus savants que cela ! Ils nous eussent tracé de mémoire, la carte de la confédération, d’un océan à l’autre, sans omettre ce que nos ingénieurs ont tant de peine à retrouver aujourd’hui. Ah! j'ai eu raison, en parlant de nos ancêtres, de prendre pour titre de ces pages : ‘‘ De Terre-Neuve aux Montagne:s-Rocheuses.??

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Michel Bégon, de la ville de Blois, avait épousé Madeleine Druilon. Leur. fils aîné, Michel, qui fut intendant du Canada, naquit en 1676 ; le second, Scipion-Jérôme, devint évêque et comte de Toul, puis prince du $St.-Empire. Le troisième et dernier, Claude-Michel, né en 1683 ou en 1687, fut gouverneur des Trois-Rivières.

Les dictionnaires mentionnent aussi un certain Etienne Bégon, avocat au parlement et jurisconsulte, qui mourut à Paris en 1726. Je ne sais s’il était parent de ceux-ei.

Michel Bégon, le père, fut successivement commissaire général à Brest et intendant des galères de France,

Le marquis de Seignelay, fils du grand Coibert, protégeait Bégon; il lui procura l’intendance des îles françaises situées à l’entrée du golfe du Mexique. Ceci paraît avoir eu lieu vers 1683, sinon cette année-là même.

Bégon était apparenté aux Pontchartrains.

Y’est probablement grâce à ceux-ei qu’il obtint les faveurs de Seignelay. Et puis, de Colbert à Pontchartrain ii n’y a pas loin.

Au mois de septembre 1684, le sieur Cavelier de la Salle, conduisant une expédition navale

destinée à la découverte des bouches du Missis-

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sipi, était rendu aux îles françaises. Parmi les principaux fonctionnaires auxquels il devait recourir se trouvait M. Bégon, intendant de ces îles qui, en ce moment, stationnait à Port-de- Paix, île de Saint-Domingue. Charlevoix dit que l’intendant s’était rendu en cet endroit sur une commission spéciale du roi, pour aider M. de Cussi, le gouverneur, à régler la police, donner une forme à l’administration de la justice, et remédier à plusieurs désordres qui ruinaient le commerce de cette colonie naissante.

Louis Phélipeaux, comte de Pontchartrain, premier président du parlement de Bretagne (1667), intendant des finances du royaume (1689), secrétaire d’Etat (1690), chancelier (1699), décédé en 1727, pratiquait le népotisme avec un sans-façon comparable à celu’ du grand Colbert. Il n’eut garde d’oublier notre intendant, lequel d’ailleurs paraît avoir eu les mérites nécessaires aux emplois qu’on lui confia. C’est toujours ainsi. dJ’approuve un ministre qui ouvre des arrières aux membres de sa famille lorsque ceux-ci ont de la valeur, L’aristocratie pratiquait ce genre de népotisme. La démocratie qui l’imite fait bien.

Le 20 juin 1689, Louis XIV déclarait la guerre à Guillaume d'Orange, qui venait de renverser le roi d'Angleterre, son beau-père, pour prendre le trône. Bégon, intendant à Rochefort, l’Aunis et la Saintonge, reçut ordre de préparer les munitions qui devaient être embarquées à Rochefort, sur deux vaisseaux, que le sieur de la Caffinière menait au Canada, pour se placer lui-même

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sous le commandement du comte de Frontenac.

(Charlevoix, I, 545.)

En 1696, Bégon, intendant à la Rochelle, fit armer, à Rochefort, l’Envieux et le Profond, qui furent placés sous le commandement de deux Canadiens, Le Moyne d’Iberville et Denys de Bonaventure, pour une expédition contre les Anglais de l’ Acadie et ensuite contre Terreneuve et la baie d'Hudson. (Ferland, II, 296.)

C’est la dernière fois que je rencontre un acte concernant Michel Bégon. Il s’agit à présent de suivre son fils aîné, nommé aussi Michel.

Bibaud confond Michel Bégon, premier du nom, avec le fils de celui-ci qui fut intendant du Canada. Il ajoute que son personnage ‘‘ est célèbre par son cabinet de médailles, d’antiques, d’estampes et de coquillages recueillis dans les quatre parties du monde, par sa bibliothèque, et pour avoir fourni à Perrault les matériaux pour les Hommes Illustres de France.” Ces louanges s'adressent, je crois, au premier Bégon, père de notre intendant.

Une lettre m'arrive qui me reproche de signaler trop souvent les erreurs de mes devanciers. Pourquoi donc accepterais-je ces erreurs ? Pourquoi les passerais-je sous silence? On consulte les livres de ces écrivains. Je veux qne l’on possède aussi leur correctif, Si je trouve une erreur dans Tanguay je la signale, Qui a le privilége de se tromper et de n’être pas repris ? Bibaud est un rude travailleur, mais s’il enmêle la chaîne d’une narration, ou prend le fils pour le père, je le dis, Je dis ce que je sais. Que

l’on s’arrange ensuite ! Depuis trente ans que je pense tout haut, c’est-à-dire, que j’imprime à mesure que je pense, j’ai indiqué bien des erreurs, mais je n’ai jamais attaqué personne.

Michel, fils de Michel Bégon, épousa Jeanne- Elisabeth de Beauharnais. La date du mariage n’est pas connue ; mettons que c'était vers l’année 1700.

En 1710, dit Charlevoix, M. de Beauharnais avait déjà succédé à M. Bégon dans l’intendance de La Rochelle et de Rochefort. Etait-ce le père Bégon ou son fils ? Et lequel des Beauharnais ?

Les sieurs Jacques et Antoine-Denis Raudoc, père et fils, se retirant de l’intendance du Canada, on désigna Michel Bégon pour les remplacer.

Gédéon de Catalogne écrit, dans son Recueil, sous la date de 1711: ‘M. Bégon, nommé intendant du Canada, ne s’y rendit point. Cependant l’indisposition de M. Raudot, père, par le conseil des médecins, le contraignit de passer en France, après avoir commis M. d’Aigremont aux affaires de l’intendance, de quoi i' s’acquitta très-bien.??

Antoine-Denis Raudot était passé en France en 1710, son père restant à Québec jusqu’à l’année suivante.

M. Ferland dic: ‘M. Bégon, inspecteur général de marine et ordonnateur du département de Rochefort, avait été nommé, en 1710, intendant du Canada, mais il ne put se rendre à Québec avant le mois de septembre 1712.7?

Cette année 1712, un M. de Beauharnaïs était intendant à la Rochelle et à Rochefort, d’après le même auteur,

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Charlevoix (II, 512) note que Michel Bégon, intendant du Canada, était fils de Michel Bégon, ancien intendant des îles d'Amérique. Ceci paraît certain.

La commission du nouvel intendant est du 31 mars 1710, Le roi l’y qualifie ‘‘ d’inspecteur général de la marine et ordonnateur au département de Rochefort.” (ÆEdits & Ordonnances LIT, 68.)

Bégon apportait ici des vues larges. Il entendait l’extension de la Nouvelle-France vers l’ouest. Au moment de la décadence de Louis XIV en Europe, cette politique américaine avait à la fois de la hardiesse et du bon sens. Il pénétra mieux que Vaudreuil les mystères de notre continent. Tous deux étaient hommes à faire de grandes cnoses—mais le grand siècle était fini. Le gachis de 1a Régence pesa sur Bégon, sur le Canada, sur tout un monde, L’intendant eut beau se préparer, à l’aide des mémoires de Perrot, à dominer le centre de l’Amérique du Nord, on ne le comprit pes et il n’eut pour tonte satisfaction que le plaisir de laisser à son parent Beauharnais l’accomplissement de ses vues, Beauharnais, mal Ssecondé, mais courageux, porta le nom «e la France aux plaines que traverse aujourd’hui notre chemin de fer du Pacifique. Il se servit de La Vérenderye, un homme incom parable, et, avant que de retourner en France, il sut où étaient situées les Montagnes-Rocheuses, ces bornes du monde américain.

La nuit du 5 au 6 janvier 1713, à Québec, le palais de l’intendant brûla, M, et madame Bégon

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se sauvèrent en robe de chamore. Quatre de leurs gens y périrent. Quelques mois plus tard, naquit leur premier enfant, Michel, qui mourut en 1715.

Dans la Biographie Universelle, publiée à Paris en 1844, je trouve cette note qui m’étonne par sa nouveauté : ‘ Raymond-Balthazar, marquis de Phelypeaux, secrétaire d'Etat et diplomate, né en 1671, mourut en 1713, au Canada, où il avait été envoyé comme gonverneur.”? Le gouverreur du Janada était M. de Vaudreuil, Que devons-nous penser de ces ‘ignes ?

Les années 1713-15 furent activement employées par Vaudreuil et Bégon. : Ces deux hommes ne s’accordaient pas toujours, mais le résultat de leur travail n’en est pas moins une preuve de leur intelligence et de leur patriotisme, S'ils différaient d’opinion dans les moyens à prendre, ils entendaient bien tous deux contribuer au développement de la Nouvelle-France et à la grandeur du roi. Nous savons que les priviléges et immunités que possédaiens en ce pays, comme aussi en France, les gouverneurs et les intendants, étaient la source de malentendus déplorables entre eux, et dont la chose publique souffrait invariablement.

M. de Vaudreuil se voyant assuré de la paix du côté des Anglais et des Iroquois, ‘‘ songea sérieusement, de concert avec M. Bégon, successeur de M. Raudot, à fortifier et peupler la colonie, où il voyait avec douleur que le nombre des habitants semblait diminuer, au lieu d'augmenter.” (Charlevoix IT, 402.)

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Nicolas Perrot écrivait, entre 1712 et 1717, son précieux mémoire sur les mœurs et coutumes des Sauvages de l’Ouest, à la demande de Bégon. Cet intendant passa le manuscrit au Père Charlevoix qui sut en faire bon usage.

Le 27 août 1715, naquit Elisabeth, fille de Michel Bégon, laquelle fut baptisée à Québec, le 14 mars 1717, dans la chapelle du palais de l’intendant. D’où provenait ce délai entre la naissance et la cérérnonie du baptême ? Probablement de ce que l’on voulait avoir un parrain qui ne se trouvait pas sur les lieux. En effet, l’acte au registre Ge la paroisse constate que ce répondant fut Messire François Bégou, chevalier, conseiller du roi, grand-maître des eaux et forêts de France, département de Blois et Berry, représenté par le sieur Jean Martel, marchand, seigneur de la rivière Saint-Jean, en Acadie. Ce François Régon pouvait être un frère de Michel Bégon, père.

Michel Bégon, intendant du Canada, fit baptiser, à Québec, en 1718, sa fille M.-Madeleine ; en 1719 Catherine ; en 1723 François-Louis, et en 1728 un enfant qui mourut aussitôt.

M. de Chazel, qui devait remplacer M. Bégon, périt en 1725 dans le naufrage du Chameau avans que d’avoir vu la colonie. Le marquis de Beauharnais étant nommé gouverneur de la Nouvelle- Frunce, arriva à Québec vers la fin du mois d’août 1726, accompagné de M. Dupuis pour remplacer M. Bégon.

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de M. de Beauharnais qui avait été intendant en Canada.

M. Tanguay dit que notre intendant Bégon se nommait Claude-Michel. N’était-ce pas plutôt son frère qui portait ce double nom de baptême ? I] dit aussi qu’ii était enseigne de vaisseau, capitaine des troupes (sont-ce là des grades applicables à un intendant ?). Je crois que, sur quelques points, il y a confusion entre les deux

frères.

Dès son arrivée en Canada, on voit que ‘‘Mi-

chel Bégon ”’ s’intitule : ‘chevalier, seigneur de la Picardière, Murbelin et autres lieux, conseiller du roi en ses conseils etau parlement de Metz, intendant de justice, police et finances de la Nouvelle-France.”’ (Edits & Ordonnances IIT. 158.)

Au moment où M. de Vaudreuil mourait dans son gouvernement de la Nouvelle-France, montait au pouvoir, à Versailles un personnage de la famille Philippeaux qui a joué un grand rôle dans les affaires d'Europe et d'Amérique. C’est lui sans doute qui désigna M. de Beauharnais pour le premier poste de la Nouvelle-France.

J. Frédéric Philippeuux, comte de Maurepas, né en 1701, eut dès 1725 le portefeuille de la marine et celui de la maison du roi, Son pouvoir dura jusqu’en 1749. Il reparut aux affaires en 1771, et s’y maintint jusqu'aux premières erises de cabinet qui firent présager la révolution.

L’intendant BPégon paraît être repassé en France en 1728, sinon plus tard, Il fut nommé intendant du Havre et des armées navales, puis mourut en 1753 dans la soixante et dix-septième

æ&nnée de son âge, ce qui le fait naître en 1676. (Daniel : Officiers de l’ Acadie, 69.)

Claude-Michel Bégon, frère de l’intendant, épousa, à Montréal en 1718, M.-Elisabeth Rocbert et en eut une fille (1719) qui se maria avec M. de Villebois, puis un garçon (Claude, 1724) sans compter d’autres enfants dont les actes de naissance u’on$ pas été retrouvés. (Tanguay, IT. 188.)

En 1730, à propos des demandes d'avancement, on voit /e nom du ‘‘ chevalier Bégon’’ accom pagné d: .… note suivante : ‘‘ Cetofficier a très bien servi dans la marine. Il est depuis 18 ans dans la colonie et a plusieurs blessures considérables. Il convient de lui accorder cette place.’ (Daniel : Aperçu, 49.)

En 1732, est major à Québec, le chevalier Régon, âgé de 45 ans, ce qui le fait naître en 1687. (Daniel: Aperçu, 50.)

Cette même année, il y avait au pensionnat des Ursulines de Québec trois demoiselles Bégon. La plus jeune, âgé de six ans, mourut l’année même. (Les Ursulines de Québec II. 174.)

En 1729, M. Bégon était lieutenant du roi à Montréal, avec M. de Beaucourt comme gouverneur et le baron de Longueuil major. (Daniel : Aperçu, 55).

M. Rigaud de Vaudreuit (frère Gc celui qui était gouverneur de la Louisiane et qui revint de cette colonie pour prendre les rênes de l’administration du Canada er 1755) était gouver: neur des Trois-Rivières en 1742. Il fut remypi.ré par M. Bégon, car à lreto üe mariage du cheva-

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lier Antoine-Gabriel Benoist avec Melle LeBert, à Montréal, le 8 novembre 1743, je lis : ‘‘ Furent présents : le marquis de Beauharnaïis, gouverneur de la Nouvelie-France : M. de Beaucourt, gouverneur de Montréal ; Michel Bégon, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, gouverneur des Trois-Rivières et son épouse Catherine Rocbert, (Daniel : Grandes Familles, 32. 165.)

Le 7 mars 1745, aux Trois-Rivières, ‘ madame de Bégon, gouvernante ?”’ est marraine de Louise- Marie, fille du chirurgien Alavoine. Le parrain est ‘ Louis Liénard, écuyer, sieur de Beaujeu, chevalier de Saint-Louis, et lieutenant da roi.??

Le 9 avril 1746, même endroit, Rigaud de Vaudreuil est mentionné avec le rang de major de la ville, à l’occasion du baptême de ‘‘ Marie-Charlotte Hyabac, anglaise de nation, prise à Sarasto le $ février ?’ de la même année, Un peu plus loin, même année, je vois au registre de la paroisse des Trois-Rivières, M. ‘‘ François Rigaud de Vaudreuil?” qualifié de gouverneur de la ville ; sa femme est Louise Hertel de Fleury.

Le 15 janvier 1748 ‘Rigaud de Vaudreuil, chevalier ü Saint-Louis, commandant aux Trois- Rivières’? est parrain, en ce lieu, d’une petite Algonquine. Le 27 janvier, au registre de la même paroisse, il est dit ‘ major des Trois-Rivières et commandant actuel; en cette circonstance il est parrain de Marguerite Rebecca Price, anglaise de nation, âgée d’environ douze ans.

Le £0 avril, même année, disent les Paris Documents (X. 159) M. Bégon, gouverneur des Trois-Rivières, mourut à Montréal,

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M. Tanguay note que M. Bégon était commissaire-ordonnateur du gouvernement des Trois- Rivières sans préciser la date. Dans l’ouvräze intitulé les Ursulines de Québec (IT. 174) il est dit que M. Bégon était capitaine.

Rigaud de Vaudreuil garda le gouvernement des Trois-Rivières, après la mort de M. Bégon. Ici je complète la liste des gouverneurs des Trois- Kivières, à la suite de recherches qui m'ont cccupé durant vingt-cinq années. L’intervalle de

1742 à 1749 était restée la dernière à combler-- -

mais à l’aide de la persévérance tout se découvre.

M. l’abbé Daniel dit que la famille de notre intendant Bégon est actuellement représentée en France par madame Bégon, comtesse de la Rosière.

Québec, Montréal, Trois-Rivières, qui se montrent soucieux de rappeler nos souvenirs historiques, devraient baptiser une rue où une place publique d’après l’intendant ou le gouverneur Bégon.

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