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plus important et le plus complet publié sur les eaux de Vichy au dire de Buc Hoz, l’un des plus sérieux auteurs de son temps, qui lui rendait ainsi hommage.
Son traité prend place parmi les ouvrages notables sur l’hydrologie au xvrrr° siècle et sa réputation est internationale. |
Mais on a recherché dans l’œuvre de Chomel, plus qu’il n’y avait mis. Sa signification en est pourtant bien précise. Suivant un mot d'actualité, Chomel — et il en avertit le lecteur — faisait une « revue générale », sur l’hydrologie de son temps et sur la station de Vichy, et ce fut un merveilleux vulgarisateur, un délicieux conteur.
C’est sous cet angle qu’il aborde les problèmes de toujours en hydrologie. D’abord, celui de la composition des eaux minérales.
Et sur ce chapitre, qui devait passionner les maitres les plus illustres des siècles suivants, Chomel apporte la grande nouveauté de son temps. Il applique aux eaux minérales la découverte actuelle : c’est lui et Fouet qui les premiers insistent sur l’importance de l’analyse chimique de l’eau des sources. C’est à ce moment que Lavoisier pose fes bases de la chimie moderne, que Hoffmann, Van Helmont créent la chimie médicale.
Chomel n’apporte pas dans ce domaine des découvertes personnelles, mais quelques années auparavant Louis XIV avait envoyé Duclos, membre de l'Académie Royale des Sciences, faire des analyses des eaux du pays de France, de Vichy et de Vahls en-
9 à AE tre autres, ce sont les conclusions de Duclos que Chomel expose, conclusions d’ailleurs en accord avec celles de Claude Fouet.
Les eaux de Vichy sont de composition variée. Mais surtout riches en sel alcaly, et l’on trouve dans Chomel exposées les savoureuses notions de la chimie contemporaine. C’est l’époque où les analystes se multiplient à Vichy, où Burlet, Geoffroy donnent les premiers chiffres.
C’est là que nous retrouvons la nomenclature des corps comme : les sels, les bitumes, les acides, les métaux et les principaux d’entre eux le mercure, le cuivre, le fer, l’esprit d’alun, l'esprit de soufre, voire même les métaux inconnus dont les chimistes du xvirr siècle avaient l’intuition. À ce propos, il nous expose les méthodes d’analyse en usage. C’est ainsi qu’il nous explique les propriétés physiques de l’eau de Vichy, en employant la méthode d’évaporation. Le résidu précipite en grumeaux blanchâtres, l’argent dissous dans l'esprit de nitre donne un « pur de lune cornée ». Mais pour arriver à ce résultat, que de précautions à prendre! Cuisson lente, feux doux dans un vase de grès, et non de cuivre, forme du vase, toute description qui semble bien proche de l’alchimie moyennageuse.
Quand on verse l’eau dans le dit vase, elle bouillonne comme le vin de champagne vieux et, plongé dans l’eau de la source Chomel, le thermomètre de M. Réaumur marque 39°.
Quant aux propriétés chimiques, elles sont multi-
Es à
ples : l’eau de Vichy fait bouillir le sublimé corrosif, tourner au vert le sirop violat, virer le papier de tournesol, elle trouble l’huile de chaux, et donne avec la noix de galle une couleur rose pâle.
Au total, l’eau est alcaline et ferrugineuse, elle contient surtout du nitre. C’est le nitrum des anciens, Borax Africae, qui donne aux eaux de Vichy leur propriété, mais la définition de ce nitre est un peu confuse, il est fort différent du sel banal ou d’autres alcalys, un peu oubliés aujourd’hui, comme les yeux d’écrevisses calcinés ou l’esprit de corne de cerf. Il semble cependant que ce nitre mystérieux ne soit que du carbonate de soude.
Ensuite Chomel s’attaque au problème de la chaleur des eaux minérales.
Après avoir réfuté les théories en cours qui — et c’est le moins que l’on en puisse dire — étaient quelque peu fantaisistes, Chomel se rallie aux conclusions de Fouet, de Duclos : la chaleur des eaux vient de la chaleur souterraine, et pour justifier son opinion, Chomel s’appuye sur des auteurs les plus fameux et parfois les plus inattendus, comme le divin Virgile (1).
Ensuite Chomel traite des effets thérapeutiques et des indications des eaux des diverses sources de Vichy.
Il se contente d’exposer l’œuvre de Claude Fouet, et de reprendre ces idées sur l’ingestion d’eau, sur la quantité minime à ordonner, sur la valeur respective
(1) Traité des Eaux minérales de Vichy. Chapitre IV : de la chaleur des eaux.