SAINT-BONIFACE
Cher Monsieur le curé,
Vous avez été vraiment bien inspiré, en écrivant la (( Monographie )> de votre belle paroisse de Saint-Pierre du Manitoba; et la lecture que je viens d’en faire m’a prouvé que votre travail était à la fois fort captivant et fort utile.
Les premiers chapitres consacrés à l’histoire générale du pays ajoutent à ce qui a déjà été si bien écrit par M. l’abbé Dugas et les Rds Pères Benoît et Morice, des
appréciations et des détails précieux que vous tenez de notre illustre prédécesseur Mgr Taché, et donnent à votre ouvrage un mérite spécial ; mais vous avez réussi à rendre fort intéressante l’histoire ordinaire et extraordinaire d’une simple paroisse de campagne, ce qui est un vrai tour de force.
Vous avez buriné, stéréotypé des scènes et des choses inoubliables de la vie d’autrefois à la Rivière Rouge comme la chasse aux bisons (buffalos), la confection des légendaires charettes, etc. etc., et vous avez rappelé avec l’éloquence de l’homme qui les a vécues, les souffrances physiques et morales, l’isolement, les gros froids de l’hiver, les chemins d’été où l’on s’embourbe, les cabanes inondées durant la nuit, etc. etc.. Tout prêtre qui aura lu votre ouvrage, n’osera pas se plaindre, s’il a quelque chose à souffrir, parce qu’il se dira: « Mes devanciers en ont bien enduré davantage ! »
Votre prodigieux esprit d’observation, et vos notes ou votre journal ( Codex historiens), vous ont rendu un service précieux, car vous donnez les dates précises, et vous n’avez rien négligé, rien omis de ce qui pouvait intéresser; et votre style, plein de saillies gauloises et de réflexions parfois un peu crânes, est tout simplement empoignant. Seulement, sans modifier vos appréciations sur la conduite de certains hommes politiques, vous pourriez, avec avantage, modifier la crudité, j’allais dire la cruauté, de certaines expressions.
En somme, vous avez fait là, cher Monsieur le curé, une belle œuvre, puisque vous avez écrit des pages émouvantes, et pleines de fortes leçons.
Je vous en remercie donc, et je vous bénis de grand cœur dans l’espoir que vous aurez des imitateurs.
t Adélard, O. M. I.
Arch. de Saint-Boniface.
LETTRE
DE
jS. 0. CQon^ei@neuî< G.~(£. QQathieu
Évêque de Régine
Cher Monsieur Jolys,
Vous avez écrit l’histoire de votre paroisse et vous avez eu la pensée délicate de me l’envoyer. Je l’ai lue avec le plus profond intérêt.
Vous le savez, c’est faire l’éloge d’un volume quand, arrivé au bas de la dernière page, on s’écrie avec regret:
«Déjà. » Il y en a tant d’autres qui font dire avec soulagement : « Enfin. »
Après avoir parcouru toutes les pages de votre volume, j’ai dit: « Déjà. » C’est vous dire par conséquent que cette lecture m’a vivement intéressé.
Vous avez été mêlé à cette triste affaire des écoles dans l’Ouest que les circonstances ne m’ont pas permis d’étudier comme je l’aurais voulu; vous avez intimement connu ceux qui ont travaillé à la régler dans le sens de la justice et vous croyez devoir dire ce que vous en savez dans votre histoire. Je vous connais trop pour ne pas être persuadé que vous avez voulu suivre consciencieusement la règle posée par Cicéron (De oratore ), et rappelée, il y a près de trente ans, par Léon XIII : « Qui s nescit primani esse historiæ legem ne quid fat si dicere audeat et ne quid veri non audeat. » S’il y a en effet perfidie à écrire des choses fausses, c’est une lâcheté de dissimuler les vraies.
Le bon Dieu vous a donné une belle intelligence et un bon cœur; vous vous en servez pour instruire vos fidèles et vous dévouer au bien de leurs âmes. Je vous en félicite et vous êtes en droit d’attendre une belle récompense.
Croyez toujours à l’affectueux attachement de
Votre ancien condisciple.
f Olivier-Elzéar
Evêque de Régina.
LETTRE
DE
jSi^ Joseph Dubu©
ex -juge en chef du Manitoba
Cher Monsieur le curé,
J’ai lu avec beaucoup de plaisir le manuscrit que vous avez eu la complaisance de m’adresser. Il m’a extrêmement intéressé. D’une plume alerte et vive, vous faites, de la Rivière-aux-Rats, de son cours sinueux, de ses rives bordées d’arbres, une description vraiment poétique, qui n’eût pas déparé les meilleures pages descriptives de Pierre Loti.
Vos chapitres sur la vie d’autrefois à la Rivière Rouge, la chasse au buffalo, et sur l’insurrection de 1869-70, ne sont pas moins littéraires et intéressants.
Votre portrait du Père Ritchot est magnifique. C’est bien cela; c’est tout à fait lui.
Les quelques pages de la fin sur l’établissement de la paroisse de Saint-Pierre, n’ont pas moins de mérite.
Votre histoire de Saint-Pierre aura un intérêt d’un cachet tout particulier. Il serait à désirer que tous les curés de la province en fissent autant de leurs paroisses respectives.
Veuillez agréer, cher Monsieur le curé, avec mes sincères remerciements de l’envoi de votre manuscrit, l’assurance de mes sentiments de respect et d’amitié.
Joseph Dubuc.
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LETTRE
DU
Mon cher Monsieur le curé,
Je viens de lire et de relire même, l’histoire de votre belle et intéressante paroisse et de certains événements politiques et autres qui s’y rapportent. Je dois vous déclarer en toute franchise que vous avez fait là non seulement un travail historique de la plus grande exactitude, mais en même temps une œuvre patriotique. Il y manque une page que votre modestie vous a fait supprimer : c’est celle qui
devrait dire à ceux qui n’ont pas l’avantage de vous connaître tout comme nous, vos contemporains, vous connaissons, le rôle principal que vous avez rempli dans la formation et l’administration même temporelle de la paroisse de Saint-Pierre-Jolys. C’est là une page, sinon tout un chapitre, qui devra s’écrire et s’ajouter à votre travail.
Croyez-moi bien toujours, mon cher M. le curé,
Votre vieil ami dévoué,
A.-A.-C. LaRivière, Sénateur.