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LES FONDATRICES DU COUVENT DE SAINT-PIERRE

cent trente-neuf enfants qui lui furent présentés.

Après déjeuner, monsieur Albert Préfontaine, le député de Carillon, vint prendre Sa Grandeur avec le Rév. Père Portelance et monsieur le curé en automobile et leur fit faire le tour de la paroisse au milieu des champs pleins de grain qui commençaient déjà à se dorer.

A trois heures de l’après-midi, Sa Grandeur présidait la distribution des prix aux enfants du collège et du couvent dans la grande salle de la Cour du Comté, et Monseigneur consigne dans l’acte-officiel de sa visité cette réflexion : « Nous avons admiré la belle formation donnée à nos chers enfants. »

Le cinq était le grand jour par excellence: c’était la fête jubilaire du couvent; de nombreux prêtres nous étaient venus de partout. La communauté des Saints Noms de Jésus-Marie avait envoyé comme déléguées à la fête la Rév. Mère Marie Hortense, alors première assistante de la congrégation et ancienne supérieure du couvent de Saint-Pierre, et Sœur Marie de la Foi, une des fondatrices de la maison.

A dix heures, Monseigneur avec tout le clergé est allé jusqu’au couvent . d’où la procession part pour l’église. Il y avait là près de trente religieuses des Saints Noms et une délégation des RR. Sœurs de la Charité. La croix arrive à l’église suivie d’une longue théorie d’enfants de chœur, des religieuses et du clergé précédant Monseigneur l’archevêque et ses assistants.

L’église avait naturellement revêtu sa plus riche parure et les candélabres couverts de lumières formaient une resplendissante couronne au sanctuaire.

Monsieur le curé célébra la messe assisté de diacre* et sous-diacre et Monseigneur assista au trône paré avec prêtre assistant et diacres d’honneur.

Monsieur l’abbé Joubert fut l’orateur du jour; cela lui revenait en sa qualité d’ancien élève du couvent. Il parla de la grandeur de la vie religieuse et du dévouement qu’elle impose à ceux qui l’embrassent.

De nombreux cadeaux avaient été faits à la petite communauté de Saint-Pierre comme souvenirs de ce jour mémorable, et, à la fin de la messe, Monseigneur l’archevêque bénit des ornements d’église pour la chapelle, des vases sacrés et du linge d’autel qui étaient parmi les dons offerts à l’occasion de la fête.

A midi et demi, les RR. Sœurs offraient un banquet à Sa Grandeur et au clergé et elles y avaient convié, outre les principaux citoyens, tous les commissaires d’école de Saint-Pierre Centre qui se sont succédé depuis l’arrivée des Sœurs.

Le soir, dans la grande salle municipale, un nombreux auditoire assistait à une séance, la plus belle qui jamais se soit donnée à Saint-Pierre.

Les élèves et les anciennes élèves du couvent interprétèrent une trilogie musicale intitulée : « L’Enfant Prodigue. )> Monsieur le curé avait fait copier chez l’auteur l’abbé Bolo, à Paris, la musique restée jusqu’à ce jour inédite. Sur la mélodie ainsi obtenue, une véritable artiste maîtresse de piano au couvent de Saint-Pierre, cette année-là, écrivit un génial accompagnement qu’elle interpréta elle-même. Les jeunes artistes qui remplirent le rôle des divers per-

sonnages furent parfaites: sensibilité exquise chez les unes, puissance et force chez les autres; chez toutes, un goût sûr et une intelligence remarquable.

Ainsi finit la fête. Il nous reste à mentionner avec quelle amabilité la Rév. Mère Provinciale des bonnes Sœurs et la supérieure du couvent de Saint-Pierre entourées de leurs compagnes, firent les honneurs de leur maison. Nous ne pouvons résister à la tentation de citer pour finir une page publiée dans la Semaine religieuse de Vannes, au pays du curé de Saint-Pierre. Les échos de cette fête portés jusque-là par les Cloches de Saint- Boni face, s’imprimèrent ainsi sur l’organe du diocèse de Vannes. Voici:

« Tout à l’heure, j’ai reçu Les Cloches de Saint- Boniface, organe de l’archevêché de Saint-Boniface. A la fin, je trouve un article avec ce titre: Belles fêtes à Saint-Pierre- Jolys. C’est bien mon ami que je rencontre et je lis, avec une amicale curiosité, ce récit que je résume pour les compatriotes, afin qu’ils aient une idée de la vie au Canada d’un missionnaire curé.

« Le moment est choisi. Nous serons témoins d’une visite pastorale de Monseigneur l’archevêque de Saint-Boniface. Une retraite de huit jours s’achève pour la paroisse dont la belle église est là, sous mes yeux, avec la photographie du fondateur. Elle est de style roman et paraît hère de ses deux clochers inégaux, dont l’un jette au ciel sa flèche élancée.

« C’est un Oblat de Marie qui a évangélisé les paroissiens avec de grands fruits de salut. La procession s’achève, les congréganistes Enfants de Marie ont renouvelé leur consécration à la Sainte Vierge et lui

ont présenté leurs blanches couronnes, comme chez nous.

« Monseigneur est attendu à la station voisine. Comme chez nous, quarante cavaliers, portant les couleurs françaises, précèdent son carrosse. Mieux que chez nous, soixante-dix voitures lui font un royal cortège jusqu’à l’église. Salué par monsieur le curé, Monseigneur exprime sa joie d’être venu apporter aux enfants le Saint-Esprit et prendre part au vingtcinquième anniversaire de la fondation du couvent des Sœurs. Celles-ci appartiennent à la congrégation des Saints Noms de Jésus-Marie.

« Comme chez nous, la confirmation est une fête; mais mieux que chez nous, la visite pastorale se complète, ce jour-là, par le tour de la paroisse en automobile, à travers les champs pleins de promesses. Jamais de mémoire d’homme, une moisson ne s’est annoncée si abondante. On ne voit que l’or des blés presque mûrs. On revient pour distribuer les prix aux élèves du couvent et du collège, dans la salle publique où on les a réunis. Monseigneur les félicite chaleureusement, car on lui rend des deux maisons le meilleur témoignage.

« Parmi les récompenses, signalons les livrets de banques d’épargne, plus de cent piastres, offerts par monsieur le curé, par des paroissiens généreux de Saint-Pierre et par la banque d’Hochelaga elle-même. Déjà, certains enfants ont à cette banque un crédit considérable. Nous sommes en Amérique où l’esprit d’épargne naît avec l’esprit de travail. Le prix d’honneur est une médaille d’or offerte par monsieur le curé pour l’enseignement religieux, après concours

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